
Des milliers de personnes ont manifesté pacifiquement à Goma le mardi 28 juillet 2026 contre le projet de modification de la Constitution en République démocratique du Congo. Organisée par la Société Civile Plurielle du Nord-Kivu, cette marche a rassemblé une foule importante qui a parcouru les rues de la ville, souvent de la Tribune jusqu’au quartier général de la MONUSCO, où un mémorandum a été remis. Les manifestants s’opposaient clairement à une réforme constitutionnelle qui pourrait supprimer les limites de mandats présidentiels et permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Ils ont également dénoncé les sanctions de l’ONU visant des dirigeants de l’AFC/M23, ainsi que les massacres signalés à Beni et sur les hauts plateaux de Minembwe, tout en réclamant la paix et l’ouverture d’un dialogue inclusif. Des banderoles et des slogans tels que « Non à la révision de la Constitution », « Non au troisième mandat » et « La paix et rien que la paix » ont accompagné le cortège. Une mobilisation similaire a eu lieu le même jour à Bukavu et dans d’autres localités de l’Est contrôlées par l’AFC/M23. Goma et Bukavu se trouvent sous le contrôle de ce mouvement rebelle depuis son avancée en 2025.
Le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, a accusé les rebelles d’avoir forcé une partie de la population à participer à ces manifestations. Des critiques ont aussi estimé que ces marches pouvaient être instrumentalisées dans le contexte du conflit. Ce rassemblement s’inscrit dans un bras de fer politique plus large autour du projet de réforme constitutionnelle. En juin 2026, le Parlement avait adopté une loi référendaire ouvrant la voie à d’éventuels changements de la loi fondamentale, une initiative qui a déjà provoqué des manifestations et des tensions à Kinshasa. La Cour constitutionnelle a récemment jugé conforme certains aspects de cette loi, tout en émettant des réserves sur d’autres points.
Dans l’Est, les organisateurs insistent sur la priorité de la paix et d’un dialogue national inclusif plutôt que sur une modification de la Constitution dans le contexte actuel de guerre et d’insécurité.
Pascal Kwilu