
Le Mali a officiellement annoncé le retrait de sa reconnaissance de la « République arabe sahraouie démocratique » (RASD, proclamée par le Front Polisario) et son soutien clair au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour résoudre le différend sur le Sahara occidental. Dans une déclaration gouvernementale lue à Koulouba (Bamako) par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à l’issue d’une rencontre avec son homologue marocain Nasser Bourita, le Mali a indiqué qu’après une « analyse approfondie » de ce dossier et de ses implications sur la paix et la sécurité sous-régionales, il a décidé ce jour de retirer sa reconnaissance de la RASD. Bamako considère désormais le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, présenté par le Maroc en 2007, comme « la seule base sérieuse et crédible » pour une solution politique au différend. Le gouvernement malien estime qu’une « véritable autonomie » constitue « la solution la plus réaliste ».
Cette position s’inscrit dans le cadre des efforts des Nations unies et fait référence à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en octobre 2025.Le Mali avait reconnu la RASD en 1980. Cette décision marque un tournant diplomatique important et s’ajoute à la longue liste de pays (plus de 40 ces dernières années) qui ont retiré ou suspendu leur reconnaissance de l’entité sahraouie. Elle renforce la position du Maroc en Afrique, notamment au sein de l’Union africaine et dans la région sahélienne, tout en illustrant le rapprochement croissant entre Bamako et Rabat ces dernières années.
Cette annonce est qualifiée d’« historique » par de nombreux observateurs et intervient dans un contexte où le plan d’autonomie marocain bénéficie du soutien d’environ 120 pays à travers le monde. Le conflit du Sahara occidental oppose le Maroc, qui administre la majeure partie du territoire et propose une large autonomie, au Front Polisario soutenu par l’Algérie, qui revendique l’indépendance. Les négociations sous égide de l’ONU sont au point mort depuis des années.
JCC Ngoy