
Au Mali, le général Assimi Goïta, chef de la junte militaire au pouvoir depuis 2020, a fait sa première apparition publique ce mardi 28 avril 2026, après plusieurs jours de silence qui avaient alimenté les rumeurs. Cette réapparition intervient suite aux attaques coordonnées et meurtrières lancées le samedi 25 avril par les djihadistes du JNIM (affilié à Al-Qaïda) alliés aux séparatistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces offensives d’une ampleur inédite ont visé plusieurs positions de l’armée malienne, notamment près de Bamako et à Kati, où le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, a été tué dans une attaque suicide. Des combats intenses ont également été signalés à Gao, Mopti, Sévaré, Kidal et dans d’autres localités, faisant de nombreux morts et blessés parmi les militaires et les civils.
Le chef de la junte a été vu au chevet des blessés à l’hôpital militaire de Kati, où il a souhaité un prompt rétablissement aux victimes, puis en audience avec l’ambassadeur de Russie au Mali, Igor Gromyko. Son absence de trois jours avait suscité de vives spéculations sur son sort ou d’éventuelles tensions au sein du régime. La situation sécuritaire reste très tendue : la junte affirme contrôler la plupart des positions attaquées, mais les groupes armés maintiennent une forte pression, avec notamment des menaces de blocus autour de Bamako. Cette offensive a révélé les limites de l’appui russe (Africa Corps) et fragilise considérablement le pouvoir militaire, dans un pays confronté à une instabilité chronique depuis plus d’une décennie. Les informations continuent d’évoluer rapidement sur le terrain.
Magloire Kibau