
le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a annoncé l’imposition d’un blocus total sur Bamako et ses environs, notamment la ville de Kati. Par la voix de son porte-parole Bina Diarra, dans une vidéo diffusée en bamanakan, l’organisation jihadiste a déclaré : « À partir d’aujourd’hui, un blocus est imposé à Bamako sur tous les axes. La seule mesure de tolérance est accordée à ceux qui se trouvent déjà à Bamako pour leur permettre de repartir. Il est désormais interdit de s’y rendre jusqu’à nouvel ordre. Toute personne qui enfreindra ce blocus en assumera les conséquences. Personne ne sera épargné. »
Cette annonce intervient seulement trois jours après les attaques coordonnées majeures du 25 avril 2026 menées par le JNIM en alliance avec les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces assauts ont visé plusieurs villes dont Bamako, Kati, Sévaré, Gao et Kidal, et ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara, figure emblématique de la junte militaire dirigée par le colonel Assimi Goïta. Le JNIM renforce ainsi une stratégie d’asphyxie économique déjà entamée depuis septembre 2025 avec un blocus ciblé sur les convois de carburant qui avait déjà fortement perturbé l’approvisionnement de la capitale.
Ce nouveau blocus total vise à paralyser complètement les axes routiers menant à Bamako, à accentuer la pression sur un régime déjà fragilisé par les revers militaires dans le Nord et à provoquer un mécontentement populaire massif. Au 29 avril 2026, la junte reste en état d’alerte maximale avec un couvre-feu renforcé et un déploiement important des forces de sécurité, tandis que le président Assimi Goïta a fait une apparition publique pour visiter des blessés, dissipant en partie les rumeurs sur son état. La situation reste extrêmement tendue pour les plus de trois millions d’habitants de Bamako, avec des risques élevés de pénuries alimentaires, de carburant et de médicaments. Ce blocus accentue la crise sécuritaire et humanitaire au Mali et constitue un nouveau coup dur pour la junte au pouvoir depuis 2020.
Alain Lusanga