
La situation à Beyrouth et dans plusieurs autres régions du Liban est horrible en ce 8 avril 2026. Le pays traverse une nouvelle escalade dramatique dans le cadre de la guerre en cours avec Israël, qui a repris de manière intense depuis le 2 mars 2026. Aujourd’hui même, Israël a mené l’opération aérienne la plus massive depuis le début du conflit, baptisée « Operation Eternal Darkness ». En à peine dix minutes, plus de 100 cibles ont été frappées simultanément à travers le pays, avec environ 50 avions de combat larguant près de 160 bombes. Ces attaques ont touché Beyrouth et sa banlieue sud (Dahiyeh, Haret Hreik, Bourj el-Barajneh, Chiyah, etc.), le sud du Liban (notamment autour de Tyr et Nabatiyeh), la plaine de la Békaa, ainsi que des quartiers plus centraux de la capitale, y compris des zones résidentielles et commerciales animées en pleine heure de pointe.
Selon le ministère libanais de la Santé, ces frappes ont fait au moins 182 à 254 morts et des centaines de blessés en une seule journée, portant le bilan total de la guerre à plus de 1 500 morts et environ 4 800 blessés depuis le 2 mars. Des scènes de chaos total ont été rapportées : fumée épaisse s’élevant au-dessus des bâtiments détruits, panique dans les rues, appels urgents à libérer les axes pour les ambulances, et hôpitaux saturés réclamant des dons de sang. Des quartiers autrefois relativement épargnés ont également été touchés, aggravant la terreur générale.
Israël affirme cibler exclusivement des infrastructures, des centres de commandement et des sites militaires du Hezbollah, qu’il considère comme une menace existentielle. Le Hezbollah, de son côté, maintient son droit à riposter. Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, Israël a clairement indiqué que celui-ci ne s’appliquait pas au front libanais et que « la bataille continue ». De nouveaux ordres d’évacuation ont été émis pour plusieurs zones du sud et de la banlieue sud de Beyrouth. Au-delà des morts et des blessés, l’impact humanitaire est catastrophique : plus d’1,2 à 1,5 million de personnes (près d’un cinquième de la population) ont été déplacées, beaucoup vivant dans des abris de fortune, des stades, des écoles ou des tentes. Le Liban, déjà affaibli par des années de crise économique, politique et sociale profonde, voit ses infrastructures civiles (ponts, routes, hôpitaux) endommagées, rendant l’accès aux soins et à l’aide extrêmement difficile. Le Premier ministre Nawaf Salam et les autorités libanaises appellent la communauté internationale à intervenir pour stopper cette escalade. C’est une tragédie supplémentaire pour un pays qui a déjà tant souffert. Les civils, toutes communautés confondues, paient un prix terriblement lourd, dans une peur constante et un sentiment d’insécurité généralisé.
Nadine Kibau