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L'Iran a mis en doute, ce lundi 20 avril 2026, le « sérieux » des États-Unis dans le processus diplomatique en cours, dans un contexte de tensions élevées au Moyen-Orient.Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï (ou Esmaeil Baqaei), a déclaré lors de son point de presse hebdomadaire que, « tout en affirmant privilégier la diplomatie et se dire prêts à négocier », Washington adopte des comportements qui « ne témoignent en rien d'un engagement sérieux dans un processus diplomatique ». Il a notamment évoqué des « violations » du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, ainsi que des actes agressifs comme la saisie récente par les forces américaines du cargo iranien Touska en mer d'Oman (ou golfe d'Oman), qualifiée de « piraterie » par Téhéran.
 
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis, via le président Donald Trump, ont annoncé l'envoi d'une délégation à Islamabad (Pakistan) pour une nouvelle session de pourparlers ce lundi ou dans les jours à venir, avec des menaces explicites de frappes sur les infrastructures iraniennes en cas d'échec. L'Iran a cependant indiqué qu'il ne comptait pas participer à cette prochaine session pour le moment, citant un manque de bonne foi, des « demandes excessives » américaines, le maintien d'un blocus sur ses ports et le détroit d'Ormuz, ainsi que des positions changeantes de Washington.Des négociations directes marathon avaient déjà eu lieu à Islamabad les 11-12 avril, sans aboutir à un accord après plus de 20 heures de discussions.
 
Les principaux points de blocage concernaient le programme nucléaire iranien (durée de suspension de l'enrichissement), le contrôle du détroit d'Ormuz, les sanctions et d'éventuelles réparations. Le cessez-le-feu fragile de deux semaines est menacé d'expiration autour du 22 avril, et Téhéran promet une riposte à la saisie du cargo.Ce scepticisme iranien n'est pas nouveau : il s'inscrit dans une méfiance profonde héritée du retrait américain de l'accord sur le nucléaire (JCPOA) en 2018 et des événements récents. Les deux parties se renvoient la responsabilité de l'impasse, Washington accusant Téhéran de rejeter des termes « raisonnables », tandis que l'Iran dénonce des exigences « déraisonnables » et un double discours (diplomatie + pression militaire).
 
JCC Ngoy