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Une nouvelle attaque des miliciens Maï-Maï (Bakata Katanga) a frappé, dimanche 2 août 2026, le cantonnement militaire de Kyubo Mamba, dans le territoire de Mitwaba (Haut-Katanga). Le bilan officiel fait état de huit morts, dont deux militaires et six membres de leurs familles, parmi lesquels une épouse et cinq enfants tués dans l’incendie du camp. Deux soldats ont été blessés par balles et quatre femmes ont également été brûlées. Les assaillants ont lancé leur offensive entre 5 h et 8 h du matin, pillé ce qu’ils pouvaient emporter, puis se sont retirés. Des renforts sont arrivés… après l’attaque.
 

Ce scénario n’est pas nouveau. Il rappelle, pour certains observateurs, les dernières années du régime de Mobutu Sese Seko, lorsque les Forces armées zaïroises (FAZ) perdaient progressivement le contrôle du territoire, abandonnaient certaines positions et laissaient des populations entières exposées aux violences. Aujourd’hui, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) semblent reproduire, selon leurs détracteurs, un schéma similaire dans plusieurs provinces : passivité, désorganisation, manque de réaction rapide ou absence de protection efficace face à des groupes armés parfois moins nombreux et moins équipés.

Les critiques contre l’armée ne datent pas d’hier. Depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, certaines voix, notamment au sein de l’opposition et de la société civile, dénoncent une supposée tribalisation progressive de l’appareil militaire. Selon ces critiques, plusieurs postes stratégiques seraient de plus en plus occupés par des officiers issus de la communauté luba, dont est originaire le président, au détriment d’une armée perçue comme véritablement nationale et représentative. Cette perception d’un favoritisme ethnique pourrait, selon ses auteurs, alimenter des frustrations, fragiliser le moral des troupes et affaiblir la cohésion interne, auxquelles s’ajoutent de graves problèmes logistiques et organisationnels. Dans un pays aussi diversifié et fragile que la RDC, une armée perçue comme communautaire risque de perdre une partie de sa légitimité nationale.

À cette critique s’ajoute celle concernant la compétence et l’infiltration présumée de certains réseaux au sein de la hiérarchie militaire. Plusieurs analystes et acteurs politiques accusent certains responsables militaires d’être influencés par des réseaux proches du pouvoir rwandais ou par d’anciens réseaux liés au régime de Joseph Kabila. Ces accusations, que leurs auteurs présentent comme une explication possible aux difficultés persistantes sur le terrain, évoquent notamment des fuites d’informations, des ordres contradictoires, des dysfonctionnements opérationnels et une incapacité chronique à protéger efficacement les positions militaires. Le constat dressé par les critiques est préoccupant : des groupes armés parviennent à frapper des installations militaires, à infliger des pertes et à se retirer sans rencontrer une résistance significative.

Dans ce contexte de crise sécuritaire, une idée revient avec insistance dans les débats politiques à Kinshasa et dans plusieurs provinces : celle d’un dialogue national. Pour de nombreux observateurs, un processus inclusif réunissant le pouvoir, l’opposition, la société civile et d’autres forces vives du pays pourrait constituer une voie politique permettant de rechercher une sortie de crise. Face aux difficultés de l’armée, aux tensions politiques persistantes, à l’expansion de certains groupes armés et à la lassitude croissante de la population, certains estiment qu’un dialogue pourrait devenir une option importante pour éviter une aggravation de la situation.

L’attaque de Kyubo Mamba ne serait donc pas seulement un incident isolé. Elle apparaît, aux yeux de ses observateurs, comme le symptôme d’une crise plus profonde : une armée confrontée à des défis majeurs, une hiérarchie contestée et un État qui peine encore à restaurer pleinement son autorité sur l’ensemble du territoire.

Comme à d’autres périodes difficiles de son histoire, le peuple congolais observe, espère et attend des réponses.

Guy M.F
Contributeur