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Jean-Marc Kabund, ancien allié proche de Félix Tshisekedi et aujourd'hui opposant virulent à travers sa Coalition gauche congolaise (CGC), a fermement déclaré « non » à tout troisième mandat pour le président de la République Démocratique du Congo. Dans une interview accordée à France 24 le dimanche 22 février 2026, Kabund a affirmé que Félix Tshisekedi ne sera plus candidat à l'élection présidentielle de 2028, marquant ainsi la fin de son second mandat constitutionnel.
 
Il a insisté sur la nécessité d'ouvrir un vrai débat sur l’alternance démocratique et a prévenu que son camp n’acceptera aucun report des élections ni tentative de prorogation du pouvoir actuel.Kabund a également critiqué la gestion de la crise à l’Est, estimant que le gouvernement réduit abusivement le problème au seul M23, alors que des groupes comme les ADF et plus de 260 milices actives déstabilisent la région. Selon lui, le peuple congolais mérite la vérité, une gouvernance responsable et des solutions durables pour restaurer l’autorité de l’État et la paix.Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour d’une possible révision constitutionnelle — évoquée par Tshisekedi en 2024 pour une « Constitution adaptée aux réalités » — que l’opposition perçoit comme une manœuvre pour lever la limite des deux mandats.
 
Kabund, libéré de prison en février 2025 après une condamnation pour outrage au chef de l’État, multiplie les critiques contre son ancien mentor, le qualifiant de « partie du problème » incapable de fixer les règles d’un dialogue inclusif.L’opposant appelle à une préparation sérieuse de l’alternance, rejetant toute ambiguïté institutionnelle ou glissement. Cette déclaration ravive le débat sur la succession à la tête de l’État en RDC, à deux ans de la fin du mandat en cours. La situation politique reste polarisée, avec des appels récurrents à un dialogue national inclusif pour éviter toute dérive autoritaire.
 
Magloire Kibau