
Jean-Marc Kabund, président de l’Alliance pour le Changement (A.ch) et figure de proue de l’opposition congolaise, a fermement dénoncé la récente relance du débat sur une possible révision ou un changement de la Constitution de la République démocratique du Congo. Dans des déclarations publiées sur X le 6 mars 2026, il qualifie cette initiative de « faux débat » orchestré dans le seul but de détourner l’attention des véritables urgences du pays.Selon Kabund, soulever à nouveau la question constitutionnelle en ce moment précis vise principalement à occulter les problèmes réels qui minent la nation, au premier rang desquels figure la guerre persistante et les massacres dans l’Est du pays, notamment l’occupation de territoires par le Rwanda, qu’il qualifie d’injuste et criminelle.
Il estime que ce débat artificiel sert également à repousser sine die l’organisation d’un dialogue politique inclusif, jugé indispensable pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle qu’il traverse.« Relancer le faux débat sur le changement de la Constitution pour détourner l’attention des vrais problèmes du pays et repousser le dialogue politique inclusif, pendant que nos compatriotes meurent dans une guerre injuste, est moralement inacceptable et politiquement irresponsable », a-t-il écrit sur X. Il ajoute que ceux qui freinent ou retardent ce dialogue porteront une lourde responsabilité historique : celle de ne pas avoir agi à temps pour stopper les massacres à l’Est et celle de complicité passive face à l’occupation rwandaise du territoire congolais.
Ce positionnement intervient dans un contexte où certains acteurs de la majorité présidentielle ou proches du pouvoir évoquent publiquement la nécessité d’adapter ou de moderniser certaines dispositions de la Constitution promulguée en 2006 (et révisée en 2011), jugées par eux obsolètes ou inadaptées aux défis actuels. Kabund rejoint ainsi plusieurs voix de l’opposition qui perçoivent dans cette relance constitutionnelle une tentative de diversion en pleine aggravation de la crise sécuritaire dans les provinces orientales.Sa sortie, très commentée sur les réseaux sociaux et dans les médias congolais ces 6 et 7 mars 2026, illustre la polarisation croissante autour des priorités nationales : pour une partie de l’opposition, la refonte institutionnelle ne peut être évoquée tant que la paix et la souveraineté territoriale ne sont pas rétablies, tandis que d’autres estiment que des ajustements constitutionnels pourraient justement renforcer la stabilité et la gouvernance du pays.
Nadine Kibau /Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.