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Un incident grave s’est produit le mardi 31 mars 2026 au Centre d’encadrement et d’instruction Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami (RDC). Des tensions ont éclaté entre des jeunes « bâtisseurs » en formation au Service National et les forces de sécurité présentes sur le site.Selon le communiqué officiel du Service National, des jeunes, mécontents de leurs conditions de vie, se sont attaqués aux biens du centre : ils ont cassé des vitres, brûlé des matelas et commis des actes d’incivisme.
 
Dans la confusion, un militaire des FARDC a fait usage de son arme à feu, blessant six bâtisseurs, dont deux grièvement. Le Service National a qualifié l’acte d’« isolé » et a promis des sanctions sévères contre le militaire impliqué, tout en appelant au calme. Cependant, des informations circulant sur les réseaux sociaux et relayées par plusieurs sources (dont le journaliste Patrick Lokala) font état de versions plus graves : certains parlent de 4 morts et de plusieurs blessés par balles réelles. Ces tensions seraient liées à des revendications des jeunes concernant le non-paiement de leurs allocations (près de huit mois d’impayés selon certaines sources), la malnutrition et des conditions de vie difficiles.
 
Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwuik, commandant du Service National, souvent présenté comme un pilier du programme de transformation des jeunes, se retrouve au centre des critiques. Des voix, dont celle du parti ENVOL de Delly Sesanga, réclament l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur les faits, les responsabilités et la gestion globale du centre.Cet incident intervient alors que le site de Kaniama Kasese est régulièrement mis en avant par les autorités comme un modèle de réussite agricole (récolte record de maïs prévue et visite annoncée du Président Tshisekedi).
 
Pascal Kwilu