
Les négociations entre le gouvernement de la RDC (Kinshasa) et le mouvement M23 (AFC/M23) doivent reprendre en Suisse à la mi-avril 2026, selon des informations récentes publiées par certians médias et confirmées par plusieurs sources dont le Congo Research Group. Ces pourparlers s’inscrivent dans le cadre du processus de Doha, initié en 2025 sous médiation qatarie. Après plusieurs rounds au Qatar ayant abouti à une déclaration de principes, un accord-cadre en novembre 2025 et un cessez-le-feu partiel, les discussions ont marqué le pas en raison du statu quo sur le terrain et des contraintes sécuritaires au Moyen-Orient qui ont compliqué l’accueil des négociations à Doha. Le déplacement vers la Suisse, pays neutre reconnu pour son rôle en médiation internationale, vise à relancer le dialogue direct entre Kinshasa et le M23.
Les États-Unis et le Qatar auraient convoqué cette nouvelle session. Parmi les gestes récents, le M23 a annoncé un retrait partiel de certaines positions, notamment dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, présenté comme un signe de bonne volonté avant les discussions. Les objectifs principaux restent l’avancée vers un accord de paix global, l’application effective d’un cessez-le-feu durable, le désarmement et l’intégration des combattants, le retour des déplacés, ainsi que la résolution des griefs soulevés par le M23 (réfugiés, prisonniers politiques, etc.).
Ces négociations doivent également compléter les accords déjà signés entre la RDC et le Rwanda à Washington. La situation reste toutefois volatile : malgré les avancées diplomatiques, des combats sporadiques, des accusations mutuelles de violations et la présence persistante du M23 dans des zones riches en ressources minières continuent d’alimenter les tensions dans l’est du pays, particulièrement au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Le succès de cette reprise dépendra de la volonté réelle des parties, du rôle des médiateurs et de la mise en œuvre concrète des engagements pris.
Nadine Kibau