Imprimer

Le 24 mars 2026, un massacre a été perpétré dans le carré minier de Karhembo, au Sud-Kivu, faisant de nombreuses victimes parmi les creuseurs artisanaux. Selon la société civile locale et le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), au moins 40 creuseurs ont été tués par des combattants de l’AFC-M23. Les sources officielles et certains médias internationaux, comme RFI, font état d’un bilan d’au moins 13 morts, tandis que d’autres estimations locales avancent un chiffre nettement plus élevé. Les témoins et la société civile dénoncent l’instauration d’un climat de terreur dans cette zone minière, où l’or semble être au cœur des violences. Les rebelles auraient attaqué les creuseurs pour contrôler l’exploitation artisanale et imposer leur autorité sur les sites d’orpaillage.
 
Ce drame s’inscrit dans le contexte plus large de l’offensive de l’AFC-M23 dans le Sud-Kivu, où le groupe rebelle, accusé d’être soutenu par le Rwanda (ce que Kigali dément), étend son contrôle sur des territoires riches en ressources minières. Les massacres de civils et les exactions contre les populations locales, notamment les creuseurs, se multiplient dans les zones sous leur influence. À ce stade, aucune confirmation indépendante sur le terrain n’a été apportée par des observateurs internationaux (ONU ou MONUSCO), et l’accès à la zone reste très difficile en raison de l’insécurité persistante. Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement à ce bilan élevé.Ce nouvel incident vient alourdir le lourd bilan humain des violences dans l’est de la RDC, où des milliers de civils ont déjà perdu la vie ces derniers mois dans des attaques attribuées aux rebelles.
 
Pascal Kwilu