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L’Union Sacrée de la Nation (USN), plateforme politique soutenant le président Félix Tshisekedi, a officiellement lancé ce lundi 20 avril 2026 un appel à contributions citoyennes en vue d’une éventuelle révision de la Constitution du 18 février 2006. Dans un communiqué signé par le professeur André Mbata Mangu, secrétaire permanent de l’USN, la coalition au pouvoir invite toutes les forces vives de la nation à soumettre leurs propositions de réforme. Cet appel s’adresse aux :
  • partis et regroupements politiques (membres ou non de l’USN),
  • société civile,
  • confessions religieuses,
  • organisations de défense des droits de l’homme,
  • syndicats,
  • ordres professionnels,
  • universitaires (en particulier les juristes),
  • ainsi qu’à tous les citoyens congolais, au pays comme dans la diaspora.
Les contributions doivent être transmises au Secrétariat permanent de l’Union Sacrée au plus tard le mercredi 20 mai 2026. À l’issue de cette phase de collecte, une commission technique sera mise en place pour examiner, analyser et synthétiser les propositions reçues. Un rapport final sera ensuite soumis au président de la République pour arbitrage. Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs figures de l’Union Sacrée (dont Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS) ont publiquement plaidé pour une réforme de la Constitution, jugée « inadaptée aux réalités actuelles » du pays. L’opposition et une partie de la société civile y voient, quant à elles, une manœuvre visant potentiellement à ouvrir la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi (dont le second mandat s’achève en décembre 2028).
 
L’Union Sacrée présente cette démarche comme inclusive et participative, soulignant qu’elle fait suite à de nombreux mémorandums et manifestations de soutien reçus ces derniers mois. Cependant, le débat reste très polarisé : certains y voient une opportunité de moderniser les institutions, tandis que d’autres craignent une dérive autoritaire ou une remise en cause des « articles verrouillés » de la Constitution (notamment ceux relatifs à la limitation des mandats). La situation reste à suivre, car cette phase de consultations citoyennes pourrait déboucher sur la convocation d’un débat parlementaire ou d’un référendum constitutionnel dans les mois à venir.
 
Nadine Kibau