
Dans un rapport publié le 28 avril 2026 à Beni, l’organisation de la société civile Badilika (Changer) dénonce les conditions inhumaines de détention à la prison centrale de Rutshuru, connue sous le nom de Kanyangavi, actuellement sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23. Selon ce document (n° 005/BSG-BENI/2026), plus de 80 jeunes sont incarcérés dans des conditions extrêmement dégradantes : actes de torture, insalubrité totale, manque criant de nourriture, absence de soins médicaux et interdiction des visites familiales. Plusieurs détenus souffrent de diarrhées aiguës et d’infections cutanées sans aucune prise en charge, et au moins huit décès en détention ont déjà été enregistrés.
Le rapport accuse l’administration mise en place par le M23, dirigée par Ephrem Izabayo Kabasha, d’aggraver la crise humanitaire à travers des arrestations arbitraires, des enlèvements, des intimidations et des recrutements forcés. Badilika documente également des exécutions sommaires de recrues dans les centres d’entraînement de Runyonyi et Chanzu, ainsi qu’une pression fiscale accrue sur les populations locales. L’organisation exige l’arrêt immédiat des arrestations arbitraires, des tortures et des exécutions extrajudiciaires, l’accès urgent aux soins pour les détenus et l’ouverture de la prison aux observateurs indépendants. Elle appelle le gouvernement congolais et la communauté internationale à agir pour rétablir l’autorité de l’État dans le territoire de Rutshuru.
Ce rapport met en lumière une situation dramatique des droits humains dans cette zone sous contrôle rebelle, où les préoccupations sécuritaires et humanitaires restent très élevées.
Nadine Kibau