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Ce rapport, fruit des auditions de sept membres du gouvernement (décembre 2025 – avril 2026), dresse un tableau très alarmant de la situation sécuritaire et des Forces armées congolaises (FARDC). Il reste partiellement confidentiel, mais son contenu a été révélé notamment par Jeune Afrique.
 
1. Situation sécuritaire globale
  • Conflit dans l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri) : occupation par l’AFC/M23 (soutenu par le Rwanda), activisme des ADF, groupes armés locaux.
  • Chiffres accablants : centaines de morts en quelques jours (bombardements et exécutions), plus de 4 millions de déplacés au Nord-Kivu, centaines de milliers au Sud-Kivu et en Ituri.
  • Extension de la crise au-delà de l’Est : occupation zambienne dans le Tanganyika, conflits fonciers avec les Mbororo au Nord-Ubangi.
  • Risque d’une crise sécuritaire interne généralisée menaçant l’unité nationale et la stabilité de l’État.
2. Dysfonctionnements structurels des FARDC
  • Absence quasi totale de politique de casernement.
  • Manque de cohésion et déficit de doctrine militaire.
  • Chaîne de commandement fragile.
  • Insuffisance de relève des troupes.
  • Inadaptation aux nouvelles technologies (drones ennemis avec brouillage et systèmes anti-aériens).
  • Mauvaise exploitation des renseignements et présence probable d’espions au sein des services.
  • Coordination défaillante avec l’armée ougandaise.
  • Logistique dépassée et mauvaise gestion des ressources.
3. Problèmes de la Police nationale
  • Effectifs insuffisants pour couvrir le territoire.
  • Environ 12 000 recrues en attente de formation (objectif : 90 000 en 5 ans).
4. Problèmes financiers et logistiques
  • Primes de combat (320 USD/mois) promises à 18 000 militaires non versées (enveloppe de 150 millions USD bloquée).
  • Faible taux d’exécution du budget de la Défense (seulement ~74 %).
  • Perte de recettes due à l’occupation de Goma et Bukavu + chute des revenus miniers.
5. Le dossier sensible des Wazalendo (supplétifs)
  • Financement mensuel d’environ 4 millions de dollars.
  • Groupes décrits comme désorganisés et incontrôlables.
  • Tensions et affrontements parfois avec les FARDC.
  • Difficulté à distinguer patriotes et opportunistes (violences contre civils).
Recommandations principales de la Commission
  • Assainissement des fichiers de l’armée et de la police.
  • Interdiction de la présence militaire dans les sites miniers.
  • Fermeture des mines illégales et renforcement de la traçabilité des minerais.
  • Meilleure gestion et contrôle des Wazalendo (futur DDR).
  • Réforme profonde du secteur de la sécurité et de la défense.
  • Missions de contrôle parlementaire sur les ministères concernés.
Le rapport insiste sur l’urgence de mesures fortes, coordonnées et immédiates pour éviter l’effondrement sécuritaire.Note : Le document a été remis le 23 avril 2026 au président de l’Assemblée nationale (Aimé Boji) et devait être examiné en plénière. Il est qualifié de « secret » ou « stratégique » en raison de son caractère sensible.
 
Nadine Kibau