
Le président Félix Tshisekedi a tenu ce mercredi 6 mai 2026 une importante conférence de presse, la première depuis février 2024, en marge de la Journée internationale de la liberté de la presse. Lors de cette rencontre très attendue, il a abordé plusieurs sujets majeurs, notamment la sécurité dans l’Est du pays, la situation économique, son avenir politique et les réformes institutionnelles.
Sur le plan politique, le chef de l’État a ouvert la porte à un éventuel troisième mandat en déclarant : « Je n’ai pas sollicité le troisième mandat. Mais si le peuple le veut, j’accepterai ». Il a indiqué que cela passerait probablement par un référendum et une révision constitutionnelle. Il a par ailleurs conditionné la tenue des élections de 2028 à la restauration de la paix dans l’Est, affirmant qu’il serait impossible d’organiser un scrutin normal sans résoudre le conflit.
Concernant la sécurité, Tshisekedi a fait de la situation dans l’Est sa priorité absolue. Il a défendu la voie diplomatique face au M23 et aux autres groupes armés, tout en évoquant la grave crise humanitaire avec des millions de déplacés. Sur le plan économique, il a mis en avant plusieurs réalisations de son gouvernement, notamment la hausse significative des salaires des fonctionnaires (triplés), des policiers et militaires (quadruplés), la revisitation des contrats chinois grâce au travail de l’IGF, ainsi que divers projets d’infrastructures, tout en reconnaissant que la pauvreté reste un défi majeur malgré la croissance enregistrée.
Il a également évoqué les relations avec l’ancien président Joseph Kabila dans le contexte des sanctions américaines, un possible remaniement gouvernemental et l’expansion urbaine de Kinshasa. Cette conférence a été perçue comme stratégique : le président a adopté un ton ferme et offensif pour rassurer l’opinion publique, valoriser l’action de son gouvernement et préparer le terrain en vue des prochaines échéances, dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes et de débats sur la Constitution. Tandis que ses partisans y voient le respect de la volonté populaire, ses détracteurs craignent un possible glissement ou une volonté de se maintenir au pouvoir.
Nadine Kibau