
Matata Ponyo
Le siège du parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, situé dans le quartier Macampagne, commune de Ngaliema à Kinshasa, a été violemment attaqué ce samedi 9 mai 2026 aux environs de 13 heures, pendant une messe d’action de grâce organisée à l’occasion du 4e anniversaire de la création du parti. Selon les responsables du LGD, des militants de la Force du Progrès, une aile dure de l’UDPS, ont forcé l’entrée du bâtiment, brisé la porte principale, saccagé les locaux, détruit du matériel de bureau et agressé physiquement plusieurs personnes présentes sur les lieux.
L’attaque a fait plusieurs blessés, dont au moins deux dans un état grave, et a provoqué d’importants dégâts matériels, notamment sur des véhicules stationnés à proximité. Des tirs ont également été entendus, semant la panique parmi les militants et les invités qui participaient à la cérémonie religieuse. Le Secrétaire Général du LGD, Franklin Tshiamala, a fermement condamné cette agression, la qualifiant d’« acte de barbarie politique » et de « grave atteinte aux libertés démocratiques et à la liberté de réunion ». Il accuse directement des éléments liés à la mouvance présidentielle d’être les auteurs de cette violence.
Cet incident intervient dans un climat politique déjà très tendu à Kinshasa, marqué par des rivalités croissantes entre les partis de l’opposition et la famille politique du pouvoir en place. Aucune réaction officielle du gouvernement, de l’UDPS ou des forces de l’ordre n’a encore été enregistrée à ce stade, ce qui suscite de vives critiques de la part de la société civile qui réclame l’ouverture d’une enquête indépendante et la sanction exemplaire des responsables.
Cet événement risque de renforcer les tensions politiques dans la capitale congolaise et de fragiliser davantage le climat démocratique à quelques mois des prochaines échéances électorales. Le LGD, qui se positionne comme une force d’opposition sérieuse, a promis de poursuivre ses activités malgré cette attaque et appelle ses militants au calme tout en exigeant justice.
La situation reste suivie de près par plusieurs organisations de défense des droits humains qui dénoncent une recrudescence des violences politiques à Kinshasa.
Nadine Kibau