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Bruno Tshibala, ancien Premier ministre (2017-2019) et figure historique de l’UDPS, a publié ce 12 mai 2026 un communiqué dans lequel il rappelle fermement à Félix Tshisekedi l’héritage du parti et d’Étienne Tshisekedi. Réagissant au point de presse présidentiel du 6 mai, Tshibala souligne que l’UDPS s’est toujours battue pour l’alternance démocratique, la limitation des mandats et contre la dictature. Il insiste sur le fait que l’article 220 de la Constitution, qui verrouille le nombre et la durée des mandats, incarne des valeurs fondamentales pour lesquelles de nombreux militants ont payé de leur vie et ne saurait être modifié.
 
Selon lui, l’entourage présidentiel, composé de « courtisans » et de « pasteurs autoproclamés », pousse à une révision constitutionnelle par pur opportunisme afin de préserver des privilèges, trahissant ainsi l’ADN même du parti. Tshibala propose qu’un éventuel projet de révision passe obligatoirement par un Dialogue National Inclusif, avec une commission sur les réformes institutionnelles, idéalement médié par la CENCO, et cite l’exemple de Xanana Gusmão au Timor oriental, qui avait refusé de violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Il appelle également à résoudre la crise sécuritaire à l’Est par un dialogue national sincère, sans quoi le pays restera fragmenté.
 
Cette prise de position renforce le camp opposé à toute modification de la Constitution, aux côtés de plusieurs acteurs politiques et mouvements citoyens, et met en lumière les divisions persistantes au sein de la famille politique historique de l’UDPS. Tshibala conclut en affirmant que le Congo a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts qui se cramponnent au pouvoir. Le débat reste très vif en RDC à l’approche de 2028, dans un contexte marqué par les tensions à l’Est du pays.
 
Nadine Kibau