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Dans une déclaration forte rendue publique le 17 mai 2026, le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege s’est fermement opposé à toute tentative de révision constitutionnelle visant à permettre un troisième mandat du président Félix Tshisekedi (Fatshi). Le gynécologue congolais met en garde contre une menace directe pour les fondements de la démocratie en RDC.
 
Intitulée implicitement « Touche pas à ma Constitution ! », sa déclaration rappelle que le second et dernier mandat de l’actuel chef de l’État prend fin le 20 janvier 2029, conformément à la Constitution de 2006. Mukwege dénonce les velléités de modifier les règles du jeu démocratique, surtout dans un contexte de guerre persistante dans l’Est du pays, d’état de siège et d’insécurité généralisée.
 
« Les principes de base de la démocratie sont à nouveau en danger en RDC », affirme-t-il. Il rejette également l’idée d’un éventuel report des élections de 2028 pour raisons sécuritaires, estimant que les mêmes arguments vaudraient pour tout référendum constitutionnel. Pour lui, le pays doit prioriser la paix, la restauration de l’autorité de l’État et la cohésion nationale plutôt qu’un débat « explosif » sur le nombre et la durée des mandats présidentiels.
 
Le Prix Nobel appelle à un sursaut citoyen et exhorte les Congolais à défendre l’alternance démocratique, l’unité nationale et le respect strict de la Constitution. Il met en garde contre toute dérive autoritaire et la personnalisation du pouvoir, tout en dénonçant la « braderie » des ressources minières stratégiques du pays.
 
Cette prise de position intervient au cœur d’un débat national intense sur la réforme constitutionnelle, alors que certaines voix proches du pouvoir plaident ouvertement pour un changement du texte fondamental. Mukwege rejoint ainsi d’autres figures de l’opposition qui rejettent fermement un troisième mandat.
 
Sa déclaration renforce la mobilisation contre toute modification jugée dangereuse pour la stabilité du pays et réaffirme son engagement pour un État de droit en RDC. Cette sortie risque de peser lourdement sur le climat politique dans les prochains mois.
 
JCC Ngoy