Imprimer

Le classement 2026 des 20 pays africains les plus performants publié dans la presse repose sur l’indice du Chandler Good Government Index (CGG), qui mesure surtout l’efficacité de la gouvernance, et il place Maurice, le Rwanda et le Botswana en tête du continent. 

Les gagnants

En tête, Maurice conserve son leadership continental dans le classement CGG 2026, devant le Rwanda et le Botswana, ce qui confirme une certaine stabilité institutionnelle et administrative dans ces trois pays. Derrière eux, on retrouve le Maroc, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Bénin, le Ghana, puis la Côte d’Ivoire et la Namibie, qui complètent le top 10 africain du classement relayé par Africanews. Le Sénégal, le Kenya, l’Ouganda et la Tunisie restent aussi dans le groupe des pays africains les mieux notés, même s’ils se situent plus loin dans le tableau.

Le vrai point positif de cette édition est que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est conservent une présence visible dans le haut du classement, ce qui montre qu’il n’y a pas seulement des leaders d’Afrique australe ou du Nord. Maurice reste première en Afrique depuis 2021 dans l’indice CGG, avec un score qui la place au 55e rang mondial. Rwanda et Botswana confirment également leur réputation de pays bien organisés sur le plan administratif et étatique.

Les perdants

Du côté des perdants, plusieurs grands pays du continent se retrouvent dans la deuxième moitié du classement, voire très bas, ce qui traduit des fragilités persistantes en matière de gouvernance. La RD Congo arrive par exemple vers l’avant-dernière position dans le classement relayé par Africanews, derrière le Sierra Leone, l’Angola, le Zimbabwe, le Mali et le Mozambique. Le Tchad ferme le classement à la 35e place, ce qui illustre de fortes difficultés structurelles.

Le Nigeria, malgré son poids démographique et économique, se retrouve aussi assez bas, ce qui montre que la taille ou les ressources ne suffisent pas à garantir une bonne performance institutionnelle. Le Burkina Faso, le Cameroun et l’Éthiopie sont également cités dans le bas du tableau, alors qu’ils ont pourtant un rôle régional important. Dans le classement “performance” de Jeune Afrique, le Cameroun est même absent du top 20, ce qui a été relevé comme un signal négatif.

Lecture du classement

Ce genre de palmarès ne mesure pas la richesse brute, mais plutôt la capacité d’un État à gouverner, influencer et innover selon l’indice choisi. C’est pourquoi un pays peut être économiquement puissant sans être bien classé, alors qu’un autre, plus petit, peut apparaître comme plus performant grâce à de meilleures institutions. En ce sens, le classement récompense surtout la qualité de l’État, la cohérence des politiques publiques et la stabilité administrative.

Il faut donc éviter de confondre “pays les plus performants”, “pays les plus prospères” et “pays les plus riches”, car ce sont trois classements différents. Par exemple, l’indice HelloSafe 2026 sur la prospérité place les Seychelles et Maurice en tête, avec un autre ensemble de critères centrés sur le revenu, l’IDH et les inégalités. Cela montre que la position d’un pays dépend beaucoup de la méthodologie retenue.

Nadine Kibau