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L'Église du Christ au Congo (ECC), à travers son Comité Exécutif National, a déclaré le 7 juin 2026 que toute initiative de réforme constitutionnelle dans le contexte actuel doit impérativement répondre à l'exigence d'un cadre national inclusif et apaisé, conformément aux dispositions des articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution de 2006, soulignant ainsi que la souveraineté appartient au peuple qui l'exerce par référendum, élections ou par ses représentants, sans qu'aucune fraction du peuple ni aucun individu ne puisse s'en attribuer l'exercice exclusif.
 
L'ECC, principale fédération protestante du pays regroupant une centaine de dénominations, pose des conditions strictes : toute révision de la Constitution doit se dérouler dans un climat de dialogue démocratique national véritablement inclusif, en respectant scrupuleusement les procédures et les limites fixées par la loi fondamentale, dans un contexte d'apaisement et non de tensions politiques exacerbées. Elle rappelle que l'article 218 définit les modalités d'initiative de la révision (par le Président de la République, le Gouvernement, le Parlement ou par pétition populaire), tandis que l'article 219 en fixe les limites temporelles, interdisant toute modification en période de guerre, d'état d'urgence, de siège, d'intérim présidentiel ou lorsque le Parlement ne peut siéger librement. Quant à l'article 220, il protège les clauses intangibles de la Constitution, notamment la forme républicaine de l'État, le suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats présidentiels, l'indépendance de la justice ainsi que le pluralisme politique et syndical, rendant impossible toute révision qui viserait à affaiblir ces principes fondamentaux.
 
Dans le contexte politique actuel marqué par des débats intenses au sein de la majorité présidentielle et de l'opposition sur une possible révision ou refonte de la Constitution de 2006, particulièrement autour de la limitation à deux mandats présidentiels, l'ECC se positionne comme une voix influente de sagesse, de modération et de responsabilité, appelant tous les acteurs politiques, la société civile et les institutions à privilégier le dialogue inclusif et sincère afin d'éviter une crise institutionnelle majeure, tout en respectant les résolutions internationales de l'ONU, de l'Union africaine et de l'Union européenne qui plaident pour un processus démocratique apaisé et transparent en République Démocratique du Congo. Cette prise de position renforce les appels de larges pans de la société civile pour que, si réforme constitutionnelle il doit y avoir, celle-ci soit conduite dans le respect strict des règles démocratiques et dans un esprit d'unité nationale.
 
Nadine Kwilu