
Dans un rapport détaillé publié ce mercredi 10 juin 2026 intitulé « Death Was Everywhere » (« La mort était partout »), l’organisation Human Rights Watch accuse le mouvement rebelle AFC/M23 et les forces de défense rwandaises (RDF) d’avoir commis de graves violations des droits humains, qualifiées de crimes de guerre, dans les camps militaires de Rumangabo et Tshanzu au Nord-Kivu. Selon le document de 78 pages basé sur plus de 200 entretiens, dont 102 avec d’anciens détenus, des milliers de personnes – civils, soldats FARDC, policiers et même des enfants dès l’âge de 12 ans – ont été arrêtées arbitrairement lors de rafles massives dans les rues, hôpitaux, églises et écoles après la prise de Goma en janvier 2025, puis transférées de force vers ces deux camps d’entraînement où elles ont subi des conditions inhumaines.
Les témoignages recueillis font état de recrutements forcés systématiques, de passages à tabac sévères, de tortures, de travail forcé, de malnutrition extrême, de déshydratation et d’exécutions sommaires régulières. De nombreux détenus seraient morts des suites de ces mauvais traitements, avec des corps enterrés dans des fosses communes, comme l’ont rapporté plusieurs survivants chargés d’ensevelir les cadavres presque quotidiennement. HRW pointe également la présence directe de militaires rwandais dans ces camps pour superviser les entraînements, souvent dispensés en kinyarwanda. L’ONG estime que des centaines de personnes ont perdu la vie dans ces sites et appelle à des enquêtes indépendantes, y compris par la Cour pénale internationale, ainsi qu’à des sanctions ciblées contre les responsables rwandais et du M23.
Ce nouveau rapport intervient dans un contexte de tensions persistantes à l’Est de la RDC, où le conflit continue de causer des déplacements massifs de populations et des violations graves des droits humains de toutes parts. Kinshasa et Kigali n’ont pas encore réagi officiellement à ces dernières accusations.
Nadine Kibau