
Le 11 juin 2026, l’ancien président Joseph Kabila Kabange a publié une lettre forte adressée au peuple congolais dans laquelle il s’oppose fermement à tout projet de révision ou de changement de la Constitution de 2006. Dans ce texte, il dénonce l’adoption récente d’une loi référendaire à l’Assemblée nationale, qu’il considère comme une forfaiture manifeste et une étape dangereuse vers la modification du texte fondamental.
Selon lui, ces manœuvres du pouvoir en place sous Félix Tshisekedi visent à consolider la tyrannie et à instaurer un pouvoir sans limite ni perspective crédible d’alternance démocratique, transformant le pays en une cocotte-minute prête à exploser faute de respiration démocratique. Kabila rappelle avec insistance l’article 64 de la Constitution qui fait obligation à tout Congolais de faire échec à quiconque exerce le pouvoir en violation de la loi fondamentale. Il appelle donc à un sursaut national et à la création immédiate de cellules de résistance citoyenne dans les familles, quartiers, villages et milieux professionnels pour défendre les libertés et la démocratie. Pour l’ancien chef d’État, rester neutre ou spectateur reviendrait à être complice d’un complot contre la nation, la République et la démocratie.
Il critique durement la gouvernance actuelle qu’il qualifie d’arrogante, liberticide, prédatrice et profondément discriminatoire, tout en alertant sur le risque de « soudanisation » du pays, c’est-à-dire son implosion. Au-delà des clivages partisans, Kabila insiste sur le devoir patriotique de tous les Congolais, sans distinction, de protéger la Constitution qu’il avait promulguée en 2006, afin de préserver l’avenir des générations futures et d’éviter que le pouvoir ne se pérennise indéfiniment.
Cette prise de position, l’une des plus directes depuis son départ du pouvoir en 2019, intervient dans un climat de fortes tensions politiques et relance le débat sur le respect de l’alternance démocratique en République démocratique du Congo. La lettre de Kabila est largement suivie et commentée à travers le pays.
Nadine Kibau