
Ce vendredi 12 juin 2026, le sit-in organisé par la Coalition Article 64 (C64) devant le Palais du Peuple à Kinshasa a été violemment réprimé, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés selon Martin Fayulu, l’un des principaux leaders de l’opposition. Joint par téléphone depuis le siège de son parti où il s’est retranché avec d’autres responsables, Fayulu a dénoncé une répression sanglante : « Ils ont déjà tué deux personnes devant le siège et ont pris les corps. Quand nous sommes arrivés, ils ont commencé à tirer à balles réelles, puis ils se sont approchés avec des matraques pour nous frapper sur la tête. » Il a également indiqué que Jean-Marc Kabund figurait parmi les blessés graves.
Ce rassemblement pacifique visait à protester contre le projet de révision constitutionnelle et l’adoption de la loi référendaire, perçus par l’opposition comme une tentative de pérenniser le pouvoir de Félix Tshisekedi au-delà de ses deux mandats. Malgré un important dispositif sécuritaire déployé aux abords du Palais du Peuple (plus de 200 policiers), des tirs ont été entendus pour disperser les militants de l’opposition qui s’étaient massés sur place. L’opposition dénonce des actes d’intimidation et une répression orchestrée avec le soutien de jeunes de la « Force du Progrès » liés à l’UDPS.Cette journée dramatique s’inscrit dans une escalade des tensions politiques qui avait déjà connu une journée « ville morte » le 3 juin et des vandalismes de sièges de partis d’opposition.
Joseph Kabila avait récemment appelé à la résistance citoyenne contre tout changement de la Constitution de 2006. La situation reste très volatile à Kinshasa, où la population craint une nouvelle flambée de violences. L’opposition promet de poursuivre sa mobilisation et de déposer des plaintes, tandis que les appels au calme se multiplient pour éviter une crise plus profonde.
Nadine Kibau