
Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) et leader des Forces de l’Union nationale pour le salut (FONUS), est convoqué ce mercredi 24 juin 2026 pour une nouvelle audition au parquet général près la Cour de cassation à Kinshasa, dans le cadre de l’enquête ouverte sur les violences survenues lors du sit-in organisé par la Coalition C64 le 12 juin 2026. Il avait déjà été entendu pendant plusieurs heures mardi 23 juin et avait été autorisé à regagner son domicile librement, mais le parquet lui a demandé de revenir le lendemain pour la poursuite des investigations.
L’enquête porte principalement sur des publications diffusées sur les réseaux sociaux, notamment sur X/Twitter, attribuées à Olenghankoy, dans lesquelles il évoquait un bilan provisoire de 10 morts, 15 disparus et 176 blessés graves lors de la répression de la manifestation contre la loi référendaire et un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Le parquet général, dirigé par Firmin Mvonde, avait ouvert une information judiciaire sur ces violences et mis en garde contre la propagation de « faux bruits » concernant le nombre de victimes, les autorités contestant officiellement ce bilan qui serait bien plus bas. Les auditions visent notamment à vérifier l’authenticité du compte X à l’origine des messages, la source des informations diffusées ainsi que la responsabilité éventuelle de Joseph Olenghankoy.
Selon son avocat, aucune preuve n’a pour l’instant établi que le compte litigieux appartient bien à son client, qui collabore pleinement avec la justice tout en se présentant comme un patriote nationaliste ; des vérifications techniques supplémentaires expliqueraient ce renvoi à mercredi. À ce stade, Olenghankoy n’est ni inculpé ni poursuivi formellement, il s’agit uniquement d’une audition dans le cadre d’une information judiciaire dont les suites dépendront des éléments recueillis ce jour.
Cette affaire intervient dans un climat politique particulièrement tendu en République démocratique du Congo autour de la révision constitutionnelle et des manifestations de l’opposition.
Nadine Kibau