
La République démocratique du Congo a officiellement saisi, le vendredi 26 juin 2026, la Cour internationale de Justice contre le Rwanda, accusant ce dernier de violations graves et répétées du droit international dans l’est du pays depuis 1996, imputant à Kigali une responsabilité directe via ses forces armées ou indirecte à travers des groupes armés tels que l’AFC-M23 pour des massacres, des exécutions extrajudiciaires, des tortures, des violences sexuelles systématiques, des déplacements forcés massifs de populations ainsi qu’une discrimination ethnique et une campagne qualifiée de génocidaire dans l’ex-Zaïre puis en RDC.
Dans sa requête, Kinshasa invoque plusieurs conventions internationales majeures, dont celle pour la prévention et la répression du crime de génocide, mais aussi des textes relatifs aux droits humains, à la discrimination raciale et à la torture, demandant à la plus haute instance judiciaire de l’ONU de déclarer la responsabilité internationale du Rwanda, d’ordonner la cessation immédiate de ces actes, d’exiger des garanties de non-répétition et d’accorder des réparations substantielles tant à l’État congolais qu’aux victimes civiles.
Il s’agit de la troisième tentative de la RDC devant la CIJ contre son voisin, après une première affaire retirée entre 1999 et 2001 et une seconde rejetée en 2006 pour manque de consentement du Rwanda à la compétence de la Cour, ce qui signifie que les juges de La Haye devront d’abord examiner leur propre juridiction avant d’éventuellement statuer sur le fond d’un dossier qui pourrait s’étendre sur plusieurs années.
Cette démarche intervient dans un contexte de tensions persistantes et de combats actifs dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, où le M23 est accusé par Kinshasa d’être soutenu par Kigali – une allégation fermement démentie par le Rwanda – et suit des efforts de paix fragiles comme l’accord de Washington, soulignant une stratégie congolaise renouvelée de recours à la justice internationale pour tenter de résoudre un conflit régional qui a déjà causé des millions de déplacés et d’innombrables souffrances humaines.
La CIJ a confirmé la réception de la requête, marquant ainsi le début d’une procédure qui pourrait avoir des répercussions diplomatiques, politiques et humanitaires majeures dans la région des Grands Lacs.
Pascal Kwilu