
À l’ONU, la République démocratique du Congo a alerté sur le lien direct et préoccupant entre l’exploitation des ressources naturelles et la persistance des conflits armés, particulièrement dans l’est du pays. Lors d’une réunion de haut niveau qu’elle a présidée à New York, la RDC a souligné que l’extraction illicite des minerais critiques tels que le coltan, le cobalt, l’or et d’autres ressources stratégiques continue d’alimenter financièrement les groupes armés, prolongeant ainsi l’instabilité et empêchant tout développement durable. Kinshasa a plaidé pour la mise en place d’un cadre normatif international plus harmonisé, contraignant et transparent, afin de mieux réguler les chaînes d’approvisionnement mondiales et de briser le cycle infernal des « minerais de sang ».
Cette intervention intervient dans un contexte où la RDC, riche en ressources essentielles à la transition énergétique mondiale, se positionne comme un acteur central tout en dénonçant le pillage systématique qui finance les milices et les rébellions. Le gouvernement congolais insiste sur la nécessité d’une responsabilité partagée : les pays consommateurs et les entreprises multinationales doivent adopter une diligence raisonnable renforcée, tandis que la communauté internationale doit soutenir les efforts de certification, de traçabilité et de lutte contre la contrebande.
Cette alerte vise non seulement à sensibiliser le Conseil de sécurité et les États membres, mais aussi à renforcer la diplomatie congolaise dans le cadre des processus de paix en cours, notamment les accords de Washington et de Doha, en faisant du lien « ressources-conflits » une priorité absolue pour parvenir à une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Pascal Kwilu