
Ces derniers jours, plusieurs contenus diffusés sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et X, ont pris pour cible la Première Dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, avec des propos injurieux, irrévérencieux et dégradants. Cette situation est purement et simplement inacceptable.
Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur les affaires publiques, le respect de la dignité humaine reste un principe non négociable. Attaquer une femme, a fortiori la Première Dame, avec des insultes personnelles, des attaques ad hominem ou des propos dégradants, n’a rien à voir avec le débat démocratique. C’est de la violence verbale, et elle doit être fermement condamnée.
Plusieurs voix se sont déjà élevées. Les Femmes de la Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC) ont publié un communiqué dénonçant ces propos « irrévérencieux, injurieux et dégradants » tenus par certaines influenceuses. Elles y voient non seulement une attaque contre la Première Dame, mais aussi une atteinte plus large à la dignité de toutes les femmes congolaises qui occupent des responsabilités ou s’engagent dans la vie publique. Elles n’excluent pas de saisir la justice.
Denise Nyakeru Tshisekedi n’est pas une figure anonyme. À travers sa fondation et ses actions concrètes – éducation des jeunes filles, lutte contre les violences basées sur le genre, santé maternelle et infantile, autonomisation des femmes – elle s’investit depuis des années dans des causes qui touchent directement la société congolaise. On peut discuter de ses choix, de ses priorités ou de son action. On ne peut pas, en revanche, accepter qu’elle soit réduite à un objet d’injures gratuites.
Le débat politique a le droit d’être vif, critique et exigeant. Il n’a pas le droit de devenir vulgaire, misogyne ou dégradant. Les réseaux sociaux ne sont pas une zone de non-droit. La liberté d’expression s’arrête là où commence l’atteinte à la dignité d’autrui.
Il est temps que chacun – influenceurs, internautes, leaders d’opinion – prenne conscience de sa responsabilité. Diffuser ou relayer des insultes contre la Première Dame, ou contre n’importe quelle femme, n’est ni courageux ni progressiste. C’est simplement indigne.
La RDC a besoin d’un débat public digne, respectueux et constructif. Pas d’une foire d’empoigne où les injures remplacent les arguments.
Nadine Kibau