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La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) tient ce samedi une réunion d’évaluation au siège du parti Alliance pour le Changement (A.Ch) de Jean-Marc Kabund, à l’expiration de l’ultimatum qu’elle avait fixé au président Félix Tshisekedi.Cet ultimatum, annoncé le 20 juillet 2026, exigeait la convocation officielle d’un dialogue national inclusif au plus tard le 15 août. La plateforme d’opposition, qui regroupe notamment Martin Fayulu (ECiDé), Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol), avait suspendu sa marche prévue le 22 juillet devant le Palais de la Nation en réponse à l’appel des confessions religieuses (CENCO et ECC). Elle avait alors accordé un délai au pouvoir pour passer des annonces aux actes concrets.
 
Selon plusieurs sources concordantes, dont des journalistes présents à Kinshasa et le compte officiel de l’Alliance pour le Changement, la rencontre de ce samedi vise à dresser le bilan de la période écoulée et à décider des prochaines actions. Jean-Marc Kabund devrait prendre la parole à l’issue des travaux pour annoncer la position de la coalition. Depuis plusieurs semaines, la C64 maintient que le dialogue doit permettre d’aborder les causes profondes de la crise : l’insécurité dans l’Est, la gouvernance, les difficultés socio-économiques et la préservation de l’ordre constitutionnel de 2006. Elle s’oppose fermement à tout projet de révision constitutionnelle ou de référendum qui, selon elle, ouvrirait la voie à un troisième mandat. Des responsables de la coalition, dont Dieudonné Bolengetenge (Ensemble), avaient réaffirmé récemment que l’échéance restait inchangée et que l’absence d’avancées concrètes entraînerait la reprise des actions citoyennes, y compris d’éventuelles manifestations.
 
Du côté du pouvoir, le gouvernement a répété que l’agenda du chef de l’État ne répondait pas à des ultimatums. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, avait souligné fin juillet que le président Tshisekedi respecterait son engagement en faveur d’un dialogue, mais selon son propre calendrier et les priorités nationales. Récemment, le chef de l’État a renvoyé au Parlement pour une seconde lecture la loi portant organisation du référendum, un geste interprété par certains observateurs comme un recul tactique à la veille de l’échéance.
 
À ce stade, aucune ordonnance présidentielle fixant les modalités du dialogue n’a été publiée. La réunion de ce samedi s’annonce donc décisive pour la suite de la stratégie de l’opposition. Les militants de l’A.Ch ont été invités à se mobiliser autour de ce rendez-vous politique.La C64 a également dénoncé ces derniers jours des attaques visant ses structures et membres, tout en maintenant sa ligne : la date butoir du 15 août restait le point de bascule.
 
Magloire Kibau