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Le coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), qui regroupe notamment le M23, a plusieurs fois répété son intention d’atteindre la capitale congolaise afin de mettre fin au pouvoir du président Félix Tshisekedi.Dès la prise de Goma en janvier 2025, Corneille Nangaa avait clairement fixé l’objectif. Devant la presse, il avait déclaré que Goma et Bukavu n’étaient que des étapes et que la vraie cible restait Kinshasa, qu’il présente comme « la source de tous les problèmes ». Il avait alors promis de poursuivre ce qu’il appelle « la marche de libération » jusqu’à la capitale pour renverser le régime en place.
 
Depuis, le discours n’a pas changé. Nangaa continue d’affirmer que son mouvement ne s’arrêtera pas tant que le pouvoir actuel n’aura pas été chassé. Selon lui, le pays souffre d’un État faible et d’une gouvernance qui divise les Congolais. Il se présente comme le chef d’une « révolution » destinée à reconstruire les institutions.
 
Plus récemment, en août 2026, lors de la commémoration du massacre de Gatumba, Nangaa a élargi encore le champ de ses ambitions. Il a évoqué la nécessité de sécuriser certaines zones non seulement depuis le Kivu, mais aussi depuis des villes comme Kolwezi et Lubumbashi. Ces propos ont été interprétés comme un signe que le mouvement ne se limite plus aux provinces de l’Est.
 
Le gouvernement de Kinshasa qualifie l’AFC/M23 de groupe terroriste soutenu par le Rwanda et refuse de négocier directement avec Nangaa, qui a été condamné à mort par contumace. De son côté, le chef rebelle rejette ces accusations et affirme mener un combat pour la souveraineté et la justice.
 
Même si la distance entre Goma et Kinshasa (plus de 2 500 kilomètres) rend une avancée rapide très difficile, les déclarations de Corneille Nangaa continuent d’alimenter les tensions politiques et sécuritaires dans le pays.
 
Alain Lusanga