
À Kinshasa, l’avocat de Parole Kamizelo Sukadi, figure de l’opposition proche du PPRD, a récemment alerté les autorités pénitentiaires sur une situation préoccupante. Détenu à la prison centrale de Makala où il purge une peine de deux ans prononcée en mars 2026 pour offense au chef de l’État et diffusion de fausses informations, l’homme politique fait face à des agressions physiques et à des menaces directes sur sa vie.
Dans un courrier adressé au directeur de l’établissement, Me Éloi Mubilansama décrit des passages à tabac subis par son client, accompagnés de menaces de mort explicites. Plus inquiétant encore, une intrusion nocturne aurait eu lieu dans sa cellule : une personne aurait tenté de lui administrer un produit par injection, mettant en danger son intégrité physique. L’avocat qualifie ces événements de ciblage délibéré et souligne un risque imminent pour la sécurité de son mandant.
Il demande un renforcement immédiat des mesures de protection, le retour de Parole Kamizelo dans sa cellule d’origine au pavillon 8, ainsi que le lancement d’une enquête interne. La correspondance a également été transmise au ministre de la Justice, au ministre des Droits humains, au procureur général et à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Me Mubilansama rappelle les obligations constitutionnelles et internationales de la RDC en matière de protection des détenus, prévenant que toute défaillance engagerait la responsabilité de l’administration carcérale.
Connu sous le surnom de « Maîtrisable » pour son style tranchant dans les débats télévisés, Parole Kamizelo s’était imposé comme une voix critique du pouvoir en place à partir de 2025. Ses interventions, notamment sur des questions liées à la gouvernance et à la vie privée du président Félix Tshisekedi, avaient conduit à son arrestation en décembre 2025. Sa formation politique, le PPRD, continue de réclamer sa libération immédiate.
Cette alerte survient dans un contexte où la prison de Makala, confrontée à une surpopulation chronique, est régulièrement citée pour ses conditions de détention difficiles. Aucune réaction officielle des autorités n’a encore été rendue publique au moment de la rédaction de cet article.
Nadine Kibau