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Le Projet national de cartographie géophysique et géologique de la République démocratique du Congo (RDC) a connu une avancée significative ces dernières semaines, avec le lancement effectif de ses activités opérationnelles et de gouvernance en février 2026.Le contrat stratégique avait été signé le jeudi 29 janvier 2026 par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba (également appelé Louis Kabamba ou Louis Watum), avec la société espagnole Xcalibur Multiphysics Group SL. Ce partenariat porte sur la réalisation d’une cartographie géophysique aéroportée et géologique à l’échelle nationale, visant à moderniser la connaissance du sous-sol congolais grâce à des levés aéroportés à haute résolution. Ces levés intégreront des données magnétiques, radiométriques, électromagnétiques et de télédétection, pour fournir une couverture géoscientifique actualisée, fiable et complète du territoire.Ce projet, hautement stratégique pour la RDC – premier producteur mondial de cobalt et riche en cuivre, lithium, coltan et autres minerais critiques –, ambitionne de réduire le risque exploratoire pour les investisseurs, d’améliorer la planification minière, de renforcer la transparence et de mieux valoriser les ressources naturelles. Il s’inscrit dans la politique gouvernementale de refondation du secteur minier, impulsée par le président Félix Tshisekedi et le ministre des Mines.Le lancement officiel des opérations s’est concrétisé récemment :
  • Le 23 février 2026, le ministère des Mines a réaffirmé publiquement (via son compte X officiel) la détermination à moderniser la cartographie géologique et géophysique, soulignant le caractère stratégique de l’initiative.
  • Le ministre Louis Watum Kabamba a présidé la toute première réunion du Comité de pilotage du projet national de cartographie géophysique, marquant le démarrage effectif des travaux et de la coordination institutionnelle.
  • Le Service Géologique National du Congo (SGN-C) assure la coordination centrale du projet, garantissant la centralisation, l’exploitation et la sécurisation des données pour le compte exclusif de l’État congolais.
Parallèlement, des actions complémentaires renforcent les capacités nationales : la 3ᵉ phase de formation en cartographie géologique et géochimique (du 26 janvier au 12 février 2026) a été lancée et clôturée à Kinshasa, avec l’appui de l’Ambassade de France via le Fonds Équipe France (FEF), en partenariat avec le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Ces sessions visent à doter les experts congolais d’outils modernes pour la gestion des risques naturels et la valorisation des ressources.Note : ce projet fait suite à un précédent contrat avec Xcalibur en 2017 (qui n’avait pas abouti pleinement), et le nouveau accord de 2026 représente une relance ambitieuse, avec un budget souvent évoqué autour de plusieurs centaines de millions de dollars (un deuxième contrat à 298 millions $ a été mentionné pour des phases complémentaires). Le ministère des Mines a démenti toute irrégularité dans l’attribution du marché fin 2025.
 
Alain Lusanga