Imprimer

Le Syndicat national des médecins (Synamed) a annoncé, lors d’un point de presse tenu ce lundi 30 mars 2026 par son secrétaire général Jhon Senga, le dépôt officiel de son cahier de charges auprès de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ce mardi 31 mars 2026. Ce document reprend l’ensemble des problèmes structurels qui minent le secteur de la santé en République démocratique du Congo, ainsi que les revendications et attentes spécifiques des médecins du service public. Le Synamed espère que la cheffe du gouvernement recevra le bureau exécutif national du syndicat afin de discuter de ces points.
 
Des recommandations seront également déposées au Parlement pour éviter la répétition de drames similaires dans les établissements de santé.Cette démarche intervient dans le cadre de l’affaire Dr David Balanganayi, médecin accusé de coups et blessures sur une patiente, Dorcas Moya, qui venait d’accoucher et souffrait d’une hémorragie importante à l’hôpital de Monkole. Une vidéo virale de l’incident avait suscité une vive indignation à travers le pays. Dans ce contexte, le Synamed a présenté ses vives excuses aux femmes concernées, tout en dénonçant le manque de maîtrise de l’équipe soignante lors de cet épisode. Le syndicat insiste cependant sur le fait que les responsabilités sont partagées : elles ne peuvent être imputées uniquement aux soignants, mais aussi aux autorités politiques en raison du manque chronique d’équipements adéquats dans les hôpitaux publics. Il regrette par ailleurs le « deux poids, deux mesures » observé dans le traitement des affaires, citant notamment le décès suspect d’une consœur médecin, le Dr Nicole Muanda, passé relativement inaperçu.
 
Le Synamed exhorte la justice à statuer sans pression politique ni influence des réseaux sociaux, soulignant qu’« aucune intention de nuire ne peut être retenue » contre l’équipe soignante. Il dénonce également l’ingérence politique dans les décisions de l’Ordre des médecins.Le procès du Dr David se poursuit au Tribunal de grande instance de Kinkole. Les plaidoiries, le réquisitoire et le jugement sont attendus pour ce mercredi 1er avril 2026.
La comparution personnelle de la victime est exigée, et la République, en tant qu’employeur, est civilement responsable. Pour le Synamed, cet incident n’est qu’« un arbre qui cache la forêt » des dysfonctionnements chroniques du système de santé public congolais, marqué par des conditions de travail difficiles et un manque criant d’équipements. À travers le dépôt de ce cahier de charges, le syndicat espère attirer l’attention du gouvernement sur ces difficultés structurelles et améliorer durablement les conditions de travail des médecins ainsi que la qualité de la prise en charge des patients. Des réactions et suites de ce dépôt sont attendues dans les prochains jours.
 
Pascal Kwilu