
Les faits se sont déroulés ce jeudi 16 avril 2026, au quartier Tchad, dans la commune de Mont-Ngafula à Kinshasa. Un jeune homme, accompagné de son ami, a été arrêté alors qu’il tentait d’enterrer son bébé décédé en le plaçant dans une valise, faute de moyens financiers pour acheter un cercueil digne.Interpellés avec la valise contenant le corps de l’enfant, les deux jeunes hommes ont été transférés à la maison communale de Mont-Ngafula et placés en détention par les autorités locales, qui considèrent cet acte comme une infraction.Le père de l’enfant, en larmes lors d’une interview, a expliqué avec émotion : « L’enfant est mort alors que je n’avais rien en poche. S’il est décédé, c’est parce que je manquais les moyens pour intervenir et lui sauver la vie.
Je suis un jeune qui se débrouille mais malgré mes efforts, la vie ne tient pas de mon côté. Et quand j’ai vu que l’enfant était mort et que je n’avais rien avec moi, les gens autour de moi n’ont pas non plus les moyens pour m’aider, voilà pourquoi j’avais essayé de le mettre dans la valise pour l’enterrer. Mais ce n’était pas volontaire. »Malgré ses explications et ses supplications, le jeune père a été conduit au cachot pour examen de son cas. Les autorités ont jugé l’acte inacceptable et ont maintenu la détention.Un témoin de la scène, M. Pierre Kilendo, a réagi avec indignation : « Ce cas devrait interpeller les autorités congolaises. Comment un jeune homme peut manquer de moyens financiers pour assurer la vie et la santé de son enfant jusqu’à ce que l’enfant meure ? C’est injuste dans un pays comme le nôtre. S’il a commis cet acte, c’est par manque et non volontairement.
À la place de le condamner et de l’enfermer comme un kuluna, c’est mieux de l’aider avec un cercueil pour aller enterrer son enfant. C’est douloureux de perdre un être cher à cause de la pauvreté. Aidez les jeunes à se développer pour mettre fin à ces genres de problèmes. »Cette triste affaire met une fois de plus en lumière les conséquences extrêmes de la pauvreté extrême à Kinshasa, où de nombreuses familles peinent à faire face aux frais médicaux et funéraires les plus basiques. L’évolution de la situation du jeune père reste à suivre.
JCC Ngoy