Selon un récent rapport des Nations unies, la RDC est désormais classée cinquième pays au monde comptant le plus grand nombre de personnes déplacées internes, derrière le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine.
Actuellement, le pays enregistre environ 6,4 à 6,47 millions de déplacés internes, principalement concentrés dans l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika), sur une population totale estimée à 113 millions d’habitants. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et d’autres agences onusiennes préviennent que ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 9 millions d’ici la fin de l’année 2026 si les conflits armés persistent au rythme actuel. Cette situation s’inscrit dans une crise humanitaire qui ne cesse de se dégrader : violences persistantes dans l’Est, affrontements entre forces armées, groupes rebelles comme le M23 et milices locales, insécurité alimentaire touchant des millions de personnes, et un sous-financement chronique des opérations d’aide.
Les déplacements forcés ont des conséquences dramatiques : familles éclatées, enfants privés d’école, risques accrus de malnutrition, d’épidémies et de violences sexuelles, avec une grande partie des déplacés vivant dans des sites improvisés ou chez des familles d’accueil déjà vulnérables. L’ONU appelle à un sursaut international pour mobiliser plus d’un milliard de dollars d’aide urgente, tout en insistant sur la nécessité d’une solution politique durable pour stabiliser l’Est du pays. Cette alerte de l’ONU intervient dans un contexte particulièrement tendu, où les crises sécuritaire, humanitaire et politique s’entremêlent, renforçant les défis auxquels fait face la RDC en cette année 2026. La communauté internationale est interpellée pour ne pas laisser cette tragédie humanitaire s’aggraver davantage.
Pascal Kwilu