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Les États-Unis ont annoncé un important financement de 250 millions de dollars destiné à soutenir la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda dans leur lutte contre l’épidémie d’Ebola actuellement en cours. Cette aide s’inscrit dans un paquet humanitaire plus large de 1,8 milliard de dollars supplémentaires alloué aux fonds communs de l’OCHA, l’organisme humanitaire des Nations Unies. Elle vient compléter une première enveloppe d’urgence de 13 millions de dollars déjà mobilisée par Washington en moins de 48 heures pour des opérations immédiates de réponse.
 
Cette épidémie, causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola (une variante relativement rare et pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique approuvé), a été déclarée urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC) par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le 17 mai 2026. Selon les dernières données disponibles au 18 mai, on recense en RDC, principalement dans la province de l’Ituri (zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongbwalu), environ 11 cas confirmés en laboratoire, plus de 336 cas suspects et autour de 88 décès suspects. En Ouganda, deux cas confirmés ont été enregistrés à Kampala, dont un décès, chez des personnes ayant voyagé depuis la RDC. Le nombre total de cas suspects dans la région dépasse les 300, et les autorités craignent que l’épidémie soit sous-estimée en raison de la propagation rapide et des zones difficiles d’accès.
 
L’annonce américaine intervient dans un contexte de tensions autour des coupes budgétaires passées dans l’aide internationale, notamment via l’USAID. Malgré cela, les États-Unis, via le Département d’État et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), ont rapidement activé un système de coordination inter-agences. Les actions prioritaires incluent le renforcement de la surveillance épidémiologique, les tests en laboratoire, le traçage des contacts, la prévention des infections dans les centres de santé, les enterrements sécurisés et la communication des risques auprès des communautés. Un Américain travaillant comme missionnaire médical en RDC a d’ailleurs contracté le virus et a été évacué, ce qui a accéléré les mesures de protection pour les citoyens américains présents dans la région.
 
Parallèlement à l’aide financière, les autorités américaines ont imposé des restrictions d’entrée aux États-Unis pour les voyageurs en provenance de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud au cours des 30 derniers jours, afin de limiter tout risque d’importation du virus sur le territoire américain. L’OMS et l’Africa CDC soulignent la nécessité d’une réponse régionale coordonnée, car la mobilité transfrontalière dans la région des Grands Lacs facilite la propagation. L’Ituri, zone touchée par l’insécurité, les déplacements de populations et les activités minières, présente des défis logistiques majeurs pour les équipes de riposte.
 
Cette nouvelle épidémie rappelle la vulnérabilité persistante de l’Afrique centrale face aux maladies infectieuses émergentes. Bien que la souche Bundibugyo soit généralement considérée comme moins mortelle que la souche Zaïre, sa capacité à se propager rapidement dans des contextes de faible infrastructure sanitaire inquiète les experts. Les partenaires internationaux, dont l’OMS qui ne dispose que de fonds limités pour l’instant, appellent à une mobilisation accrue des donateurs pour éviter une extension vers d’autres pays voisins comme le Rwanda ou le Soudan du Sud.En résumé, le geste financier des États-Unis marque une réponse concrète et rapide à une crise qui pourrait encore s’aggraver.