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AFRIQUE

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Tom Byabagamba, ancien colonel et chef de la garde présidentielle rwandaise, est mort en prison le 25 août 2026 à l’âge de 59 ans, après près de douze ans de détention. Son décès a été annoncé par son frère, David Himbara, ancien conseiller économique de Paul Kagame devenu critique en exil. Les causes du décès restent inconnues : la famille n’a eu aucun accès à lui pendant toute la durée de sa détention, et les autorités rwandaises n’ont pas immédiatement communiqué d’informations détaillées.
 
Byabagamba, né en 1967, était un vétéran du Front patriotique rwandais (FPR). Il a servi dans la protection rapprochée de Paul Kagame dès 1990 et a ensuite commandé la garde républicaine (Presidential/Republican Guard), unité d’élite chargée de la sécurité du président, entre environ 2003 et 2010. Il a été écarté de ce poste après un apparent différend avec Kagame, avant d’être déployé dans une mission de maintien de la paix des Nations unies au Soudan du Sud. À son retour au Rwanda, il a été arrêté en août 2014.
 
Il a été jugé conjointement avec son beau-frère, le général de brigade à la retraite Frank Rusagara (ancien secrétaire du ministère de la Défense et attaché militaire au Royaume-Uni), et le chauffeur de ce dernier, le sergent retraité François Kabayiza. Les accusations portaient notamment sur « l’incitation à l’insurrection », le fait de « ternir l’image du pays et du gouvernement », des propos critiques tenus devant des officiers (y compris des allégations sur l’implication de l’État dans l’assassinat de l’ancien chef des renseignements Patrick Karegeya), ainsi que, pour Byabagamba, des charges liées à la dissimulation d’armes et au non-respect du drapeau national lors d’un incident au Soudan du Sud.
 
En mars 2016, la Haute Cour militaire de Kanombe les a condamnés : Byabagamba à 21 ans de prison (et dégradé de son grade), Rusagara à 20 ans. En appel, en décembre 2019, les peines ont été réduites à 15 ans chacune, tout en confirmant les condamnations. Byabagamba a reçu trois années supplémentaires en 2020 pour un complot d’évasion allégué impliquant un téléphone portable. Kabayiza a purgé une peine plus courte et a été libéré.
 
Les organisations de défense des droits humains, notamment Human Rights Watch, ont qualifié le procès de « défectueux », évoquant de graves allégations de torture et de manipulation de témoins. En 2017, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu que la détention de Byabagamba, Rusagara et Kabayiza était arbitraire et violait le droit international, appelant à leur libération. Le gouvernement rwandais n’a pas suivi cette recommandation. Byabagamba a toujours nié les accusations, les qualifiant de fabriquées.
 
Frank Rusagara est mort en prison en mars 2025, après environ onze ans de détention. Human Rights Watch a parlé d’une « mort solitaire », soulignant que sa famille n’avait plus entendu sa voix depuis 2014. Les autorités ont évoqué un cancer de la prostate et un arrêt cardiaque, mais la famille a demandé une enquête indépendante, regrettant le manque de transparence et l’absence d’accès pendant l’incarcération. Comme pour Byabagamba, Rusagara avait été coupé de ses proches.
 
Ces affaires s’inscrivent dans un contexte plus large de restrictions de l’opposition et de la liberté d’expression au Rwanda, où les critiques internes, y compris parmi d’anciens proches du pouvoir, ont fait l’objet de poursuites. David Himbara, frère de Byabagamba, avait lui-même quitté le Rwanda et était devenu un opposant après avoir été conseiller de Kagame. Les deux décès en détention, sans que les familles n’aient eu de contact pendant des années, ont été présentés par des organisations comme Freedom Now et Human Rights Watch comme illustrant le traitement réservé aux voix critiques.
 
Byabagamba laisse une épouse et deux fils. Au moment de sa mort, il n’avait pas purgé l’intégralité de sa peine (réduite puis prolongée). Aucune confirmation officielle détaillée sur les circonstances de son décès n’avait été publiée dans les premiers jours suivant l’annonce par sa famille.
 
Pascal Kwilu

 

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