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L'actualité de la semaine en Amerique

Gustavo Petro, président de la Colombie, le poing levé lors d’un discours. Cette photo capture bien son style combatif et sa détermination lorsqu’il dénonce une situation qu’il juge « inacceptable », comme dans le cas des migrants colombiens expulsés vers la RDC.
 
Le président colombien Gustavo Petro a haussé le ton avec force. Dans une déclaration ferme publiée sur le réseau social X, il a qualifié d’« inacceptable » le transfert de ressortissants colombiens vers la République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre de l’accord migratoire entre Kinshasa et Washington. Il exige leur rapatriement immédiat et « sans chaînes », une formule forte qui traduit son indignation face à ce qu’il considère comme une humiliation et une forme d’ostracisme.
 
Cette réaction intervient quelques jours seulement après l’arrivée, dans la nuit du 16 au 17 avril 2026, du premier groupe de 15 migrants expulsés des États-Unis. Composé principalement de Colombiens, Péruviens et Équatoriens, ce groupe a atterri à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa. Les migrants ont été temporairement installés dans un complexe hôtelier à Venus Village, dans la commune de la N’Sele, où les autorités congolaises assurent une prise en charge financée entièrement par les États-Unis.
 
Selon l’accord bilatéral signé début avril 2026, la RDC accepte d’accueillir temporairement entre 50 et 100 migrants expulsés par les États-Unis chaque mois, en tant que « pays tiers ». L’administration Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière l’une de ses priorités, utilise cette formule pour accélérer les déportations et contourner certains obstacles juridiques aux États-Unis.Gustavo Petro, connu pour ses positions progressistes et souvent critiques envers Washington, n’a pas mâché ses mots. Il a ordonné à son ministre des Affaires étrangères de prendre toutes les dispositions nécessaires pour organiser le retour rapide des Colombiens. « La Colombie est prête à les accueillir avec dignité », a-t-il insisté, refusant que ses compatriotes soient « abandonnés » dans un pays lointain qu’ils ne connaissent pas et où ils ne disposent d’aucun lien.
 
Cette affaire crée une tension diplomatique inédite. La Colombie ne possède pas de relations diplomatiques formelles avec la RDC, ce qui complique les démarches de rapatriement. Plusieurs migrants colombiens ont témoigné depuis Kinshasa, exprimant leur désarroi : l’un d’eux, un père de famille, a confié avoir « craqué » en apprenant qu’il serait envoyé en Afrique, loin de ses enfants. Une femme colombienne a également fait part de la pression qu’elle subit pour accepter un retour en Colombie malgré les risques qu’elle y encourt.
 
Pour Kinshasa, la situation devient embarrassante. La RDC, déjà confrontée à une grave crise humanitaire à l’Est du pays, se retrouve au centre d’un bras de fer entre Washington et Bogotá. Les autorités congolaises insistent sur le caractère strictement temporaire de cet accueil et répètent que l’opération ne pèse pas sur le budget national. Cependant, des voix au sein de la société civile congolaise s’interrogent : pourquoi la RDC devrait-elle servir de « dépotoir » pour les politiques migratoires américaines ?Cette polémique met en lumière les limites des accords de « pays tiers » mis en place par l’administration Trump. Ce qui était présenté comme une solution logistique et financière se transforme rapidement en casse-tête diplomatique et humanitaire. Les migrants concernés, souvent des personnes en situation irrégulière après des années passées aux États-Unis, se retrouvent pris en otage entre plusieurs capitales.
 
À l’heure actuelle, les négociations se poursuivent. Bogotá maintient une forte pression pour un rapatriement rapide, tandis que Kinshasa et Washington défendent le cadre de l’accord existant. L’affaire pourrait évoluer dans les prochains jours avec d’éventuelles discussions tripartites ou une intervention d’instances internationales.
 
En exigeant le retour de ses ressortissants, Gustavo Petro envoie un message clair : les migrants ne sont pas des marchandises que l’on déplace d’un continent à l’autre sans considération pour leur dignité. Cette position risque de compliquer davantage la mise en œuvre de l’accord RDC-États-Unis et de susciter un débat plus large sur le traitement des expulsés dans le monde.
 
Le dossier reste ouvert et sensible. Derrière les déclarations politiques se cachent des destins individuels : des hommes et des femmes qui, après avoir rêvé d’une vie meilleure aux États-Unis, se retrouvent aujourd’hui bloqués à Kinshasa, à des milliers de kilomètres de chez eux.
 
Nadine Kibau

 

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