
Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien (SNSC) et figure centrale du régime après la mort d’Ali Khamenei, a déclaré ce lundi 2 mars 2026 que l’Iran, contrairement aux États-Unis, s’est préparé à une longue guerre. Dans une série de messages publiés en anglais sur X et largement relayés, il a affirmé que Téhéran défendra « farouchement » sa civilisation vieille de six mille ans « quel qu’en soit le prix », et qu’il fera regretter à ses ennemis leur « erreur d’appréciation » ou « miscalculation ». Il a insisté sur le fait que l’Iran n’a pas initié le conflit actuel – déclenché par les frappes massives américano-israéliennes – et que ses forces armées n’agissent qu’en légitime défense.
Cette sortie intervient au troisième jour d’une escalade sans précédent au Moyen-Orient : les États-Unis, sous Donald Trump, et Israël mènent depuis la fin février 2026 des bombardements intensifs sur l’Iran, visant des sites nucléaires, militaires, de commandement et des infrastructures critiques, après la mort confirmée du guide suprême Ali Khamenei les 28 février ou 1er mars. L’Iran a riposté par plusieurs salves de missiles balistiques (dont des Kheibar Shekan), de drones et d’attaques via ses proxies, touchant Israël, des bases américaines et des alliés du Golfe, avec notamment des crashs d’avions militaires américains au Koweït. Trump a évoqué une opération militaire de « quatre semaines » pour neutraliser les capacités nucléaires et balistiques iraniennes et provoquer un possible changement de régime, mais Larijani rejette toute négociation avec Washington, qualifiant les objectifs américains de « fantasmes délirants » et accusant Trump de plonger la région dans le chaos au service d’Israël. Ancien président du Parlement et proche de Khamenei, Larijani avait été chargé dès janvier-février 2026 de préparer le pays à une confrontation prolongée : renforcement des défenses, plans de continuité de l’État, coordination avec la Russie et gestion des tensions internes face aux protestations. Ses propos marquent un durcissement clair : refus total de pourparlers, préparation assumée à un conflit étalé dans le temps et appel à la résilience nationale.
Côté occidental et israélien, les médias (New York Times, Le Monde, PBS) interprètent ces déclarations comme une tentative de projeter de la force et de dissuader une escalade supplémentaire, tout en contredisant des rumeurs de négociations secrètes. Aucune preuve d’un affaiblissement majeur de la détermination iranienne n’est confirmée pour l’instant, mais le conflit s’élargit rapidement (Liban avec le Hezbollah, Golfe), avec des alertes croissantes sur les conséquences humanitaires et économiques. L’Union européenne a appelé à une transition crédible en Iran et mis en garde contre les ravages d’une « longue guerre » pour toute la région. La situation demeure extrêmement volatile, avec des explosions persistantes à Téhéran et des échanges de feu continus ; les narratifs divergent radicalement : Téhéran parle de résistance héroïque face à l’agression, tandis que Washington et Jérusalem présentent une campagne décisive contre un régime en crise.
Pascal Kwilu








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