
De nouvelles accusations de violences visent un des policiers mis en examen pour l'interpellation brutale de Théo, le 2 février à Aulnay-sous-Bois. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) est saisie.
Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a saisi mardi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après de nouvelles accusations de violences visant un des policiers mis en examen pour l'interpellation brutale de Théo le 2 février à Aulnay-sous-Bois, a annoncé l'Intérieur.
Dans un témoignage au Nouvel Observateur, Mohamed K., un ami de Théo, raconte avoir été passé à tabac une semaine avant ce dernier par des policiers dont l'un a participé au viol présumé de Theo lors de son interpellation. «Ils m’ont de nouveau frappé, traité de «sale noir» jusqu’à ce que je finisse au sol», raconte le jeune homme.
«Ce sont des accusations graves portées sur le même fonctionnaire, qui méritent que l'on fasse évidemment toute la lumière. Immédiatement informé, le ministre a saisi l'IGPN», a déclaré le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet. «"e ne veux rien laisser passer mais je ne fais pas d'amalgame. Quand il y a des comportements qui doivent être sanctionnés, ils le sont», a assuré le ministre Bruno Le Roux en déplacement à Sarcelles (Val-d'Oise).
De leur côté, les policiers ont porté plainte contre Mohamed K. L'un d'eux s'est vu prescrire trois jours d'ITT. Le jeune homme ne nie pas avoir tenté de se défendre «parce qu'il me frappait.»
Un policier que tout le monde appelle «Barbe Rousse»
Les faits remontent au 26 janvier dernier. Mohamed K. raconte au Nouvel Observateur qu'il était rentré plus tôt de son travail pour «aller aux Assedic». Alors qu'il sort acheter du pain, il croise un ami, qui décide de l'accompagner. Ils voient alors «un petit de la cité courir, avec derrière lui un homme de grande taille, vêtu d'un manteau à capuche avec de la fourrure.»
«Il a fait une balayette au petit à cinq mètres de moi, je suis intervenu, j'ai demandé ce qui se passait». C'est alors que l'homme à la capuche, qui ne porte par de brassard, lui dit qu'il est policier. Mohamed K. décide alors de poursuivre son chemin, raconte-t-il à L'Obs. Un peu plus loin, il tombe sur deux policiers dont l'homme à la capuche, qui veulent le fouiller : « J’ai répondu que je voulais juste aller acheter ma baguette et rentrer chez moi, mais ils ont insisté.
Mohamed K. demande à son ami de se tenir à l’écart pour qu'il n'y ait pas de problème. Un des agents le pousse vers l’entrée d’un bâtiment, aidé de son collègue. Et c'est là que le contrôle dégénère, selon le jeune homme. Un troisième policier sort du hall : «C'est le même que celui qui a pénétré Théo avec sa matraque, tout le monde l'appelle "Barbe Rousse"», déclare le jeune homme.
«IIs me traitent de "sale noir", de "salope", ils me crachent dessus»
«Ils me frappent, coups de pied, coups de poing au visage, dans le ventre, dans le dos, je saigne parce qu’ils m’ouvrent le crâne, je leur dis que je suis essoufflé, ils me traitent de "sale noir", de "salope", ils me crachent dessus». Un des policiers le braque à bout portant avec son Taser, et lui dit «laisse-toi faire ou je te tase». La scène dure 30 à 40 minutes, dans son souvenir.
Menotté, plaqué au sol, Mohamed est ensuite embarqué dans un camion de police, mené dans un commissariat et placé en garde à vue pour «outrage et rébellion». Emmené au service médico-judiciaire de l'hôpital Jean-Verdier, à Bondy, il se voit délivrer cinq jours d'ITT (Interruption temporaire de travail).
Le jeune homme assure qu'il n’a d'abord pas porté plainte parce qu'il venait de trouver du travail : «Je ne pouvais pas me permettre de risquer de le perdre», explique-t-il. Ce qu'il a désormais décidé de faire, accompagné de Me Dupond-Moretti.
Avec l Observateur








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