
Ce Britannique de 22 ans d'origine libyenne, né à Manchester et mort dans l'explosion, était discret. Ses parents avaient fui le régime de Kadhafi.
Le profil de l'auteur de l'attentat-suicide à Manchester se dessine, d'après les éléments obtenus par les médias britanniques. Le kamikaze, qui a fait exploser une bombe et tué 22 personnes à la sortie d'un concert de la star Ariana Grande lundi 22 mai dans la soirée, a été identifié comme étant un Britannique d'origine libyenne discret et réservé. La police a affirmé qu'il s'agissait de Salman Abedi, 22 ans, mort dans l'explosion qu'il a provoquée à la fin du spectacle, à l'une des sorties du Manchester Arena, dans un espace couvert reliant la salle à la gare Victoria toute proche.
« Je peux confirmer que l'homme soupçonné d'avoir commis l'atrocité de la nuit dernière a été identifié sous le nom de Salman Abedi », a déclaré mardi le commissaire de police Ian Hopkins devant la presse, sans autre précision. Amber Rudd, la ministre de l'Intérieur britannique, a indiqué sur la BBC ce mercredi que le kamikaze n'a « probablement pas agi seul » et que l'attentat était « plus sophistiqué que d'autres ». Sur BFM TV, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur français, a précisé qu'il s'agit de « quelqu'un de nationalité britannique, d'origine libyenne mais qui avait grandi en Grande-Bretagne et qui, tout d'un coup, après un voyage en Libye puis sans doute en Syrie, se radicalise et décide de commettre cet attentat ».
Ses parents ont fui le régime de Kadhafi
Né dans une famille musulmane pieuse, Salman Abedi était connu des services de sécurité, selon plusieurs journaux. Le Financial Times affirme qu'il s'était radicalisé au cours des dernières années. Selon plusieurs médias britanniques, Salman Abedi serait né à Manchester en 1994 de parents libyens ayant fui le régime de Muammar Kadhafi pour trouver refuge au Royaume-Uni. D'abord à Londres, puis dans la banlieue résidentielle de Fallowfield, au sud de Manchester, depuis une dizaine d'années, selon la presse. Dans ce quartier pavillonnaire, constitué de maisons modestes en briques rouges, un bout de rue était bloqué par la police mardi en fin d'après-midi. Des policiers étaient postés à l'entrée d'une petite maison en brique, d'autres passaient dans le jardin, laissant penser qu'il s'agit d'une demeure où a résidé Abedi, a constaté un journaliste de l'Agence France-Presse sur place.
Dans le voisinage, peu connaissent le suspect. « Je ne suis même pas sûre de savoir à quoi il ressemble, à vrai dire. Je devais pourtant le croiser tous les jours », confie Rachel Harding, 37 ans, qui habite une maison voisine et se dit « choquée, surprise, apeurée ». Le quartier, « clairement pas l'un des plus riches de Manchester, est très tranquille », assure-t-elle, à l'instar d'autres voisins interrogés. « C'était un jeune homme très discret, toujours très respectueux à mon égard », a témoigné un Libyen de Manchester dans le Guardian. « Son frère Ismaël est très sociable, mais Salman est très réservé », a-t-il ajouté. Le Daily Telegraph indique que Salman Abedi était le troisième d'une famille de quatre enfants.
Importante communauté libyenne à Manchester
Le groupe État islamique a revendiqué l'attentat, qui a fait 22 morts, dont une fillette de huit ans et d'autres enfants, ainsi que 59 blessés, un acte qui a suscité une vague mondiale de consternation. « Notre priorité reste d'établir s'il a agi seul ou au sein d'un réseau », a rappelé le commissaire Hopkins. L'engin explosif était dans un bagage laissé par terre avant sa détonation, selon le Times. Les enquêteurs ont également perquisitionné le domicile du frère du suspect, toujours au sud de Manchester. Les deux frères fréquentaient la mosquée locale de Didsbury, affirme encore le Guardian. Le père du suspect est bien connu au sein de la communauté libyenne de Manchester mais se trouverait actuellement à Tripoli, ajoute le quotidien. Un imam, Mohammed Saeed, a raconté au Guardian que Salman Abedi avait affiché « un visage de haine » lors d'un sermon dénonçant le terrorisme.
Selon le Times, Salman Abedi s'était rendu récemment en Libye. Il était parti il y a trois semaines et était rentré il y a quelques jours, indique le journal, qui cite un ami d'école du kamikaze. Un homme de 23 ans avait été arrêté quelques heures plus tôt à Chorlton, au sud de Manchester, en lien avec l'attentat, même si la police n'a pas souhaité préciser la nature de ce lien. Salman Abedi avait entamé des études de commerce et de management à l'université de Salford, dans l'agglomération de Manchester, a dit à l'agence Press Association Sam Grogan un responsable de l'université, mais il les avait abandonnées au bout de deux ans et n'avait pas obtenu son diplôme. Environ 16 000 Libyens vivent en Grande-Bretagne, selon la BBC, dont la plus grosse communauté à Manchester.
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