
Notre pays a besoin que nous apprenions, progressivement, à dépasser les clivages, les appartenances politiques, les rivalités et les intérêts particuliers pour nous retrouver autour de ce qui nous appartient à tous : la République, l’État et notre destinée commune.
Nous pouvons avoir des opinions différentes. Nous pouvons soutenir des projets de société différents, appartenir à la majorité, à l’opposition ou ne nous reconnaître dans aucun courant politique. Cette diversité fait partie de la vie démocratique. Mais elle ne devrait jamais nous faire perdre de vue une vérité essentielle : nous sommes d’abord les héritiers, les serviteurs et les dépositaires temporaires d’une même Nation.
Les dirigeants passent.
Les gouvernements se succèdent.
Les majorités changent.
Les générations se renouvellent.
Mais l’État demeure.
Hier, il y avait l’État.
Aujourd’hui, il y a l’État.
Demain, il y aura encore l’État.
Cette réalité devrait nous conduire à développer une autre conception de la responsabilité publique. Gouverner un pays ne signifie pas recommencer son histoire à chaque nouveau mandat. Servir l’État, c’est recevoir un héritage, l’améliorer pendant le temps qui nous est confié, puis le transmettre à ceux qui viendront après nous.
Ainsi, les dirigeants d’hier, ceux d’aujourd’hui et ceux de demain devraient pouvoir se reconnaître dans une même responsabilité historique : servir un État qui n’a commencé avec aucun d’entre nous et qui ne s’arrêtera avec aucun d’entre nous.
Aucun pouvoir ne devrait avoir pour vocation d’effacer systématiquement ce qui l’a précédé. De la même manière, aucune opposition ne devrait souhaiter l’affaiblissement ou l’échec de l’État dans l’espoir d’en tirer un avantage politique.
Un gouvernement peut échouer sans que nous souhaitions l’échec du Congo.
Un dirigeant peut être remplacé sans que l’État soit détruit.
Une opposition peut combattre des politiques sans combattre la République.
C’est là que doit se situer notre maturité collective.
Nous devons apprendre à reconnaître ce qui a été bien fait, même lorsque cela vient de ceux dont nous ne partageons pas les convictions. Nous devons également avoir le courage de corriger ce qui doit l’être, sans transformer chaque changement politique en rupture nationale.
La démocratie ne nous demande pas de penser tous de la même manière. Elle nous demande plutôt d’apprendre à vivre, à débattre et à construire ensemble malgré nos différences.
Notre véritable défi est donc de faire naître en RDC une culture de la continuité de l’État : préserver ce qui fonctionne, corriger ce qui doit l’être, poursuivre les projets utiles à la population, renforcer nos institutions et transmettre aux générations suivantes un pays plus solide que celui que nous avons reçu.
Car au-delà de nos ambitions personnelles, de nos partis, de nos fonctions et de nos mandats, quelque chose de beaucoup plus grand doit demeurer :
la République démocratique du Congo.
Le Congo était là avant nous.
Le Congo est entre nos mains aujourd’hui.
Et le Congo continuera après nous.
Nous ne sommes donc pas propriétaires de la République. Nous en sommes, pour un temps, les dépositaires.
Que Dieu bénisse notre peuple. Qu’Il accorde la sagesse aux dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Et qu’Il nous donne cette maturité nationale qui consiste à comprendre qu’on peut apporter sa pierre à l’édifice sans nécessairement détruire celle que l’autre avait posée avant nous.
Il arrivera un jour où nos fonctions, nos titres et nos appartenances politiques ne seront plus que des pages de l’histoire.
La question que les générations futures pourront alors nous poser sera beaucoup plus simple :
« Qu’avez-vous fait du Congo qui vous avait été confié ? »
Voilà peut-être la question qui devrait habiter la conscience de chacun de nous.
La RDC appartient à tous ses enfants.
Servons-la aujourd’hui en pensant déjà à ceux qui en hériteront demain.
Tamadinda Kukubor Komy Paul Michel « Israël »








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