
Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026, l’aéroport international de Bangboka à Kisangani, dans la province de la Tshopo (nord-est de la RDC), a été visé par une attaque au drones kamikazes. Selon les autorités provinciales, huit engins explosifs ont été lancés entre le samedi 31 janvier et le dimanche 1er février, mais tous ont été interceptés et neutralisés par les systèmes de défense antiaérienne, opérés notamment par des contractants privés turcs, sans causer de dégâts matériels ni humains. Une deuxième tentative a été signalée le 5 février, également avortée sans conséquences.L’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23 a rapidement revendiqué l’opération via son porte-parole Lawrence Kanyuka et son leader Corneille Nangaa, affirmant avoir détruit un « centre de commandement des drones » des Forces armées de la RDC (FARDC). Selon les rebelles, cet aéroport servait de hub principal pour planifier et exécuter des frappes aériennes contre leurs positions dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu (Masisi, Walikale, Rutshuru, etc.). Ils ont présenté l’attaque comme une démonstration de la fin de la « supériorité aérienne » des FARDC et une mise en garde contre toute utilisation d’aéronefs contre les zones qu’ils contrôlent. L’Union africaine a condamné l’opération début février, la qualifiant de violation du droit international humanitaire en raison du risque pour les civils dans une grande ville.Cependant, un rapport publié par l’Institut Ebuteli le 18 ou 19 février 2026, intitulé « L’AFC/M23 se retire d’Uvira, la bataille se poursuit dans les airs » (dans le cadre de leur monitoring mensuel sur la sécurité au Kivu), remet sérieusement en question la capacité réelle de l’AFC/M23 à mener cette opération. Le document note que :
- Le modèle de drone identifié sur les débris est le Baykar Yiha-III (fabrication turque), un drone kamikaze dont la portée maximale est estimée à 300 km ou moins selon les experts et sources techniques.
- Kisangani se situe à plus de 400-500 km des zones contrôlées par l’AFC/M23 (principalement Nord-Kivu et Sud-Kivu, autour de Goma, Bukavu, Uvira, etc.). Un lancement depuis leur territoire est donc techniquement improbable sans bases intermédiaires ou ravitaillement, ce qui contredit la revendication exclusive du groupe.
- Cela suggère un lancement depuis une zone hors de leur contrôle, soulevant des interrogations sur la provenance réelle des drones et des opérateurs.
Nadine Kibau








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