
La situation chauffe sérieusement dans l'est et le sud de la République Démocratique du Congo ce samedi 7 mars 2026, avec deux fronts distincts marqués par des violences et une tension croissante. Au Nord-Kivu, une frappe de drone militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) a ciblé tôt ce matin, vers 6 heures, des positions des rebelles de l'AFC/M23 (soutenus par le Rwanda) à Mushaki, dans le territoire de Masisi. La cible principale était une ferme appartenant à l'homme d'affaires et ancien député Édouard Mwangachuchu, souvent considérée comme une base logistique rebelle, située à environ 20 km de Sake et une quarantaine de km de Goma.
Selon des sources sécuritaires et locales relayées sur les réseaux sociaux et par des médias, le bilan est lourd côté M23/RDF (Forces de défense rwandaises) : plusieurs éléments tués et blessés, avec des ambulances évacuant les corps et un alourdissement progressif du nombre de victimes. Des images des dégâts circulent, montrant des destructions importantes, et la zone reste sous haute tension. Cette opération s'inscrit dans une série récente de frappes aériennes congolaises par drones contre l'AFC/M23, qui avait déjà coûté la vie à des figures rebelles comme le porte-parole Willy Ngoma fin février.
Parallèlement, au Grand Katanga, un nouveau groupe armé fait son apparition et provoque l'inquiétude : le Mouvement Debout Katanga pour la Libération du Congo (MDKC). Dans un communiqué daté du 6 mars 2026, le MDKC revendique avoir pris le contrôle de la localité de Lusinga, dans le territoire de Mitwaba (espace Tanganyika/Haut-Katanga), dès le 3 mars, sans combats majeurs selon certaines sources locales, contrairement aux rumeurs amplifiées sur les réseaux. Le groupe annonce combattre la « mauvaise gouvernance », la « tyrannie » et la centralisation excessive de Kinshasa, exigeant la libération de prisonniers politiques et le retour des exilés. Il inscrit son action dans une logique politique et autonomiste, rappelant les anciennes insurrections katangaises (comme les Mai-Mai Kata Katanga ou d'autres mouvements sécessionnistes passés).Cette revendication a généré une panique croissante à Lubumbashi, capitale économique du Haut-Katanga, où des rumeurs d'avancées rebelles, de déstabilisation et de « villages qui tombent » circulent massivement sur les réseaux sociaux et dans les groupes locaux.
Les FARDC mènent des opérations de ratissage dans la zone de Mitwaba, mais le MDKC semble déterminé et bien armé, évoquant des attaques sur des dépôts (comme dans le parc national d'Upemba) pour s'équiper. Les autorités congolaises n'ont pas encore communiqué officiellement sur l'ampleur réelle de la menace, mais l'émergence de ce front au sud ajoute une nouvelle couche d'instabilité dans un pays déjà confronté à de multiples conflits armés. La RDC fait face à une multiplication des fronts : intensification des frappes de drones au Nord-Kivu contre le M23, et apparition d'une rébellion potentiellement autonomiste au Katanga. Les populations civiles subissent de plein fouet les déplacements forcés, la peur et les conséquences humanitaires de ces tensions sécuritaires.
Nadine Kibau
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