Une pétition réclamant la destitution de Modeste Bahati Lukwebo de son poste de deuxième vice-président du Sénat a été officiellement déposée ce lundi au bureau de la Chambre haute du Parlement de la République Démocratique du Congo. Cette initiative, lancée par le sénateur Dany Kabongo Bondanya et soutenue par plusieurs autres élus, vise à écarter Bahati Lukwebo du bureau du Sénat.
La pétition a largement dépassé le seuil requis de 22 signatures (un cinquième des 108 sénateurs) pour être recevable : plus de 37 signatures avaient déjà été recueillies début mars, et le nombre a continué d'augmenter, atteignant même des estimations plus élevées (jusqu'à 47 ou plus selon les initiateurs). Le document a été remis au bureau du Sénat à l'ouverture de la session parlementaire, marquant une étape formelle dans la procédure.Les motifs invoqués par les pétitionnaires portent principalement sur des propos tenus par Bahati Lukwebo s'opposant fermement à l'idée de réviser ou de changer la Constitution, une position qui contraste avec les orientations défendues par l'Union sacrée de la nation et le président Félix Tshisekedi. Ces déclarations ont été jugées « incorrectes », « irrespectueuses » envers le chef de l'État et contraires à la ligne majoritaire au Sénat et dans la majorité présidentielle.Malgré des excuses présentées par Bahati Lukwebo et une réaffirmation de sa loyauté à Tshisekedi, les initiateurs maintiennent la démarche, affirmant que la pétition n'a rien à voir avec ses propos sur la Constitution (selon certaines déclarations relayées sur les réseaux), bien que le contexte pointe clairement ce désaccord comme déclencheur principal. Le groupe politique AFDC-A (auquel appartient Bahati) a également pris ses distances avec sa position, accentuant son isolement.
La tension est montée progressivement depuis début mars 2026 : annonces de la pétition le 5 mars, collecte rapide de signatures, désaveu du bureau du Sénat et de son propre regroupement, et maintenant dépôt formel. Si la pétition est jugée recevable, elle pourrait mener à un examen en plénière, potentiellement à une destitution ou à une démission forcée, rappelant des précédents comme celui de Nene Nkulu.Le Sénat n'a pas encore réagi officiellement à ce dépôt, mais la situation risque d'alimenter les débats lors de la session en cours. Bahati Lukwebo, figure influente du paysage politique congolais et ancien président du Sénat, se retrouve ainsi sous forte pression dans un contexte de cohésion fragile au sein de la majorité présidentielle. La procédure suit son cours, avec des enjeux politiques majeurs pour l'équilibre des institutions et la stabilité de l'Union sacrée.
Alain Lusanga
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