Lundi  8 juin 2026 15:15
Connexion

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

POLITIQUE

L'actualité Politique de la semaine en RDC

La Haute Cour militaire de Kinshasa a condamné à mort 54 personnes dans l'affaire du double assassinat des experts de l'ONU, Michael Sharp et Zaida Catalan, tués au Kasaï en mars 2017. Un verdict en appel et en dernier ressort, après neuf ans de procédure. Mais pour plusieurs acteurs et sources ayant suivi ce dossier de près, ce verdict ne clôt pas l'affaire. Il l'élargit. 

Qui a ordonné le meurtre ?

C'est la question que ni le procès de Kananga ni celui de Kinshasa n'ont tranchée. Paul Nsapu, président de la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), affirme que des individus cités durant les auditions comme commanditaires ont été délibérément exclus du procès de Kananga en 2017. Ils n'ont jamais été jugés. « L’exécution des experts ne pouvait pas être décidée par une simple milice », dit-il.

Le président de la Cour militaire de Kananga l'avait lui-même relevé en janvier 2022, au moment du verdict de première instance. Il avait posé la question directement aux prévenus. Tous avaient nié. « La cour espère qu'au degré d'appel, les prévenus pourront parler », avait-il conclu sur un ton de regret. En appel, ils n'ont pas parlé davantage.

Des enregistrements attribués au colonel Jean de Dieu Mambweni, officier de l'armée congolaise condamné à mort en appel, sont cités par la famille de Zaida Catalan. Dans ces enregistrements, il aurait évoqué le fait que la présence des experts onusiens pouvait compromettre l'autorité de l'État. De quelle autorité parlait-il ? Cette piste n'a pas été instruite publiquement.

 

Selon une source ayant enquêté sur cette affaire, la condamnation à mort du colonel Mambweni en appel ne reposerait sur aucun élément nouveau à charge. En première instance, il n'avait écopé que de 10 ans de prison, la cour ayant jugé les preuves insuffisantes pour le condamner pour terrorisme et crime de guerre. En appel, la Haute Cour a affirmé qu'il avait piégé les experts, sans que les éléments ayant motivé ce revirement aient été rendus publics.

Le mystère Evariste Ilunga Lumu

Selon cette même source, Evariste Ilunga Lumu serait le premier prévenu à avoir avoué le meurtre, et celui qui aurait pu élucider l'affaire. Il s'est évadé de la prison de Kananga. Un co-évadé aurait été repris, selon cette source. Lui non. Aucune enquête n'aurait été ouverte sur cette évasion, toujours selon cette source. 

Le rôle des FARDC et les fosses communes du Kasaï

Une autre source ayant enquêté sur ce dossier soulève un problème de chaîne de commandement qui dépasse le seul meurtre des deux experts.

Jean-Bosco Mukanda, l'un des principaux accusés dans cette affaire, entretenait, selon cette source, des liens avec des militaires des FARDC qui procédaient à l'époque à des fosses communes dans la région du Kasaï.

Ces fosses communes sont documentées. En avril 2017, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein confirmait l'existence d'au moins 40 fosses communes dans les provinces du Kasaï Central et du Kasaï Oriental depuis août 2016. Des enquêteurs onusiens avaient établi que des militaires des FARDC auraient creusé plusieurs de ces fosses à la suite d'affrontements avec des miliciens présumés de Kamuina Nsapu. Au moins 74 personnes, dont 30 enfants, auraient été tuées par des militaires lors de ces affrontements entre les 26 et 28 mars 2017.

En juillet 2017, l'ONU recensait 80 sites possibles de fosses communes dans la région. Les violences avaient causé la mort de plus de 3 000 personnes, selon les chiffres collectés par l'Église catholique du Congo, et environ 1,3 million de personnes avaient fui leur foyer. « La découverte de nouvelles fosses communes témoigne de l'horreur persistante dans les provinces de Kasaï », avait déclaré le Haut-Commissaire. Il avait demandé une enquête immédiate, transparente et indépendante, et évoqué la possibilité de saisir la Cour pénale internationale si cette enquête nationale n'avait pas lieu.

Neuf ans après, le bilan définitif de ces fosses communes n'a jamais été établi publiquement. Selon une source ayant enquêté sur ce dossier, des responsables mis en cause auraient été déployés sur le terrain malgré les accusations qui pesaient contre eux.

Des dossiers bloqués

 

Selon cette même source, des dossiers liés aux crimes du Kasaï seraient bloqués au niveau de la Haute Cour de justice, qu'elle décrit comme « le goulot d'étranglement » de cette procédure. Human Rights Watch avait déjà relevé en 2022 que pendant quatre ans d'audiences, l'accusation n'avait jamais cherché à déterminer qui avait planifié et ordonné le meurtre des deux experts.

Les disparus

Quatre prévenus sont morts en détention au cours de ce procès : Kengayi wa Kengayi, José Tshibuabua, Tshibuabua Tshibert, décédé en pleine audience le 5 octobre 2021, et Ntumba Mpianga alias Damour, mort à la prison militaire de Ndolo en novembre 2022. Les causes de ces décès n'ont pas été établies publiquement. Au moins trois autres prévenus ont affirmé avoir été torturés par la police et à l'Agence nationale de renseignement.

L'interprète congolais Betu Tshintela est toujours porté disparu, tout comme les trois chauffeurs de moto Isaac Kabuayi, Pascal Nzala et Moïse, dont le nom de famille est inconnu. Neuf ans après les faits, leur sort n'est pas élucidé.

Dès août 2017, le Groupe d'experts de l'ONU avait recommandé au Conseil de sécurité d'ouvrir une enquête internationale indépendante sur ces meurtres. Cet appel est resté sans suite.

rfi

 

Application de CComment' target='_blank'>CComment

Info en Direct


search

À la une

RDC: ces questions qui demeurent après le verdict en appel sur les experts de l’ONU tués en 2017

RDC: ces questions qui demeurent après le verdict en appel sur les experts de l’ONU tués en 2017

Position ferme de l’ECC : pas de réforme constitutionnelle sans cadre apaisé et inclusif

Position ferme de l’ECC : pas de réforme constitutionnelle sans cadre apaisé et inclusif

RDC : Washington presse Kigali pour un retrait effectif des troupes d’ici mi-juillet 2026

RDC : Washington presse Kigali pour un retrait effectif des troupes d’ici mi-juillet 2026

PUBLICITÉ

  • RDC annonces
    RDC annonces
  • RDC emploi
    RDC emploi
  • RDC immo
    RDC immo

La revue de presse

18 February 2026
La revue de la presse en RDC du 18 février 2026

Les crimes oubliés en RDC

SUIVEZ-NOUS

Facebook
Twitter
Google plus
Youtube

RDCN sous tous les formats

Iphone,Ipad et Android

Copyright ©2014-2026 RDC Nouvelles | Membre du réseau RDC Médiacom | Site conçu et hébergé par RDC Netcom