
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a vivement dénoncé la présence d’agents « fictifs » au sein des équipes mobilisées contre l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon lui, ces « fictifs » pourraient représenter jusqu’à 20 % des intervenants recensés dans la riposte. Il a également fustigé ce qu’il appelle l’« Ebola business », un phénomène de profit et de malversations qui, selon le ministre, affaiblit l’efficacité de la lutte contre la maladie.
Cette prise de position intervient alors que la RDC fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, causée par la souche Bundibugyo, déclarée en mai 2026 et concentrée principalement dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le ministre a souligné que la présence de personnes inscrites sur les listes de la riposte sans réellement travailler sur le terrain détourne des ressources précieuses et mine la confiance des populations.
L’expression « Ebola business » n’est pas nouvelle. Elle a déjà circulé lors des épidémies précédentes, notamment celle de 2018-2020 dans le Nord-Kivu. Elle désigne les pratiques de corruption, de détournements de fonds, de surfacturations (locations de véhicules, salaires fictifs, commissions) et plus largement l’idée que certains acteurs cherchent à tirer un profit personnel de l’épidémie plutôt qu’à l’éradiquer. Ces comportements, lorsqu’ils existent, alimentent les rumeurs, la défiance communautaire et freinent l’adhésion des populations aux mesures sanitaires.
Roger Kamba a insisté sur la nécessité de renforcer les contrôles, d’assainir les listes des intervenants et de garantir une gestion transparente des fonds alloués à la riposte. Il a rappelé que l’efficacité de la réponse sanitaire dépend non seulement des moyens techniques et logistiques, mais aussi de l’intégrité des équipes engagées sur le terrain.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où les autorités congolaises multiplient les efforts pour contenir l’épidémie : renforcement de la surveillance, déploiement d’équipes, recherche de traitements adaptés à la souche Bundibugyo (pour laquelle il n’existe pas encore de vaccin homologué), et coordination avec les partenaires internationaux. Le ministre a déjà, à plusieurs reprises, plaidé pour une riposte unifiée, y compris dans les zones difficiles d’accès.
En dénonçant publiquement les « fictifs » et l’« Ebola business », Roger Kamba envoie un signal clair : la lutte contre Ebola ne peut tolérer ni le gaspillage des ressources ni les pratiques qui sapent la confiance. L’assainissement de la riposte apparaît désormais comme un enjeu majeur pour enrayer durablement l’épidémie et restaurer la crédibilité de l’action sanitaire auprès des communautés touchées.
Nadine Kibau
Application de CComment' target='_blank'>CComment