
Devant la Cour de cassation à Kinshasa, le ministère public a requis ce mercredi 19 août 2026 une peine de quinze ans de travaux forcés à l’encontre de l’ancien ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, et de Chançard Bolukola, ex-coordonnateur par intérim du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
Les deux hommes sont poursuivis pour détournement de deniers publics en participation criminelle directe, dans le cadre de la gestion des fonds destinés à indemniser les victimes de la guerre des Six Jours de Kisangani. Ces ressources, issues d’une décision de la Cour internationale de Justice et versées par l’Ouganda, s’élevaient à plusieurs centaines de millions de dollars.Selon le réquisitoire présenté par le premier avocat général, plusieurs opérations financières sont contestées. Parmi elles figurent notamment un transfert d’environ 14 millions de dollars en faveur de la société Congo Énergie, 2 millions destinés à Global Assurance, 1,24 million versés à Divo SARL pour un documentaire, ainsi que 200 000 dollars alloués à l’Assemblée provinciale de la Tshopo. D’autres sommes auraient également été orientées vers l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et des sociétés privées comme Tropic Architecture.
Le parquet a également demandé des peines complémentaires : interdiction d’exercer des fonctions publiques et parapubliques, privation de certains droits politiques pendant cinq ans après l’exécution de la peine, exclusion du bénéfice de la condamnation ou libération conditionnelle, ainsi que la restitution solidaire des montants présumés détournés. Dans un volet connexe de blanchiment de capitaux, une peine unique de quinze ans a été requise contre Chançard Bolukola.
Constant Mutamba, déjà condamné en septembre 2025 à trois ans de travaux forcés dans une affaire distincte portant sur des fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani, comparait dans ce nouveau dossier. La République démocratique du Congo, constituée partie civile, a de son côté sollicité la condamnation des prévenus, la restitution intégrale des sommes en cause et le paiement de dommages et intérêts.
Ces réquisitions constituent l’étape des plaidoiries. La Cour de cassation doit encore entendre la défense avant de rendre son verdict. L’affaire continue de susciter un vif intérêt dans l’opinion publique, tant par l’ampleur des montants en jeu que par le profil des personnalités impliquées.
Pascal Kwilu








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