La Coalition Article 64 ne lâche pas le dossier du 12 juin. Elle a déposé une nouvelle plainte contre Jacquemin Shabani, ministre de l’Intérieur, Daniel Bumba, gouverneur de Kinshasa, Augustin Kabuya, numéro deux de l’UDPS, et la Police nationale. Pour elle, ces responsables doivent répondre de la manière dont le sit-in a été brisé à Kinshasa
Ce jour-là, l’opposition voulait se rassembler près du Parlement. Le message était clair : bloquer le projet de référendum, vu comme une étape vers une nouvelle Constitution et un possible maintien au pouvoir. La ville avait dit non à ce lieu et proposé un autre site. La C64 a refusé. Le face-à-face a dégénéré.
Depuis, deux récits s’affrontent. La coalition décrit une journée de terreur : manifestants chassés, leaders blessés, sièges de partis attaqués, arrestations, et un bilan humain qu’elle juge lourd. Elle affirme que la police n’a pas seulement dispersé la foule, mais a laissé agir, voire accompagné, des groupes proches du parti au pouvoir.Le pouvoir et l’UDPS racontent autre chose. Ils parlent d’une manifestation mal tenue, d’affrontements, de blessés aussi du côté des forces de l’ordre, et rejettent l’idée d’une milice officielle à la manœuvre. Kabuya a même accusé l’opposition d’avoir voulu le chaos.
Une enquête de la Commission nationale des droits de l’homme a ensuite tenté de départager ces versions. Elle n’a pas validé tous les décès annoncés. Elle a toutefois retenu des faits graves : détentions abusives, coups, vols, locaux saccagés, traitements dégradants. Elle a aussi noté que les tensions venaient des deux camps.
La seconde plainte sert à cela : sortir le 12 juin du seul débat politique et le placer devant un juge. La C64 vise les hommes qui, selon elle, commandaient, autorisaient ou couvraient l’opération. Shabani pour l’intérieur, Bumba pour la ville, Kabuya pour le parti au pouvoir, la police pour l’exécution.
Le dossier n’est pas encore un verdict. C’est une nouvelle étape d’un conflit plus large sur la Constitution, le droit de manifester et la responsabilité de l’État. Entre les communiqués et les procès, les faits du 12 juin restent contestés. Ce que la C64 cherche maintenant, c’est qu’ils ne restent pas sans suite.
Alain lusanga
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