
À Muanda, dans le Kongo Central, une baleine échouée sur la côte atlantique a finalement succombé malgré les efforts déployés, mettant cruellement en lumière les limites opérationnelles de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) face à une urgence environnementale de cette ampleur. L’incident s’est produit autour du 1er juillet 2026 sur la plage de Moanda/Muanda, le long de la route Moanda-Banana : un cétacé de 10 à 15 mètres de long, pesant plusieurs dizaines de tonnes, s’est retrouvé immobilisé sur le sable, encore vivant mais affaibli, avec des blessures visibles sur le flanc, la tête et les zones ventrales. Attirant immédiatement une foule de curieux, l’animal a agonisé pendant près de 24 heures sous les yeux des habitants et des autorités locales.
Les agents de l’ICCN, mobilisés avec l’administration territoriale, ont tenté de le remettre à l’eau en utilisant des excavatrices et des engins de terrassement fournis par des entreprises chinoises voisines, mais le poids colossal du mammifère et l’absence d’équipements spécialisés (grues adaptées, filets, matériel vétérinaire marin) ont rendu l’opération impossible. Les machines ont fini par quitter les lieux, laissant l’animal succomber vers 19 heures, probablement d’une pathologie inconnue, de vieillesse ou d’une collision antérieure, sans que les causes précises ne soient encore établies. Cet événement rare sur la façade atlantique congolaise a rapidement tourné au révélateur des faiblesses structurelles de la gestion de la biodiversité marine en RDC : l’ICCN, chargé de la protection de la faune, s’est retrouvé démuni, intervenant « avec les moyens du bord » dans une situation qui exige une logistique lourde et une expertise pointue en mammifères marins. Des voix, dont celle de journalistes et d’observateurs sur place, ont dénoncé ce manque criant de moyens spécialisés, soulignant que le pays, malgré sa courte côte océanique, reste mal préparé à ce type d’incidents.
L’ICCN a ensuite interdit toute consommation de la viande de la carcasse pour des raisons sanitaires, ordonnant son inhumation dans une parcelle réquisitionnée et placée sous surveillance des éco-gardes, après évaluation technique par l’Office congolais de contrôle (OCC). Au-delà de la perte de cet animal emblématique, l’affaire expose au grand jour les carences d’une institution souvent confrontée à des défis terrestres (parcs nationaux, braconnage) mais peu outillée pour les urgences marines, relançant le débat sur la nécessité d’investissements dans des dispositifs dédiés, des équipes formées et une stratégie nationale de préservation de la biodiversité océanique. Pour beaucoup, ce n’est pas seulement la mort d’une baleine, mais le symbole d’un appareil de conservation dépassé par les événements, appelant à une véritable prise de conscience et à des actions concrètes pour éviter que de tels drames ne se reproduisent dans l’indifférence matérielle.
Pascal Kwilu








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